- Sur les réseaux sociaux, Virginie Grossat redonne confiance aux personnes obèses.
- Suivie par des centaines de milliers d’abonnés, elle raconte avec beaucoup d’autodérision les aléas de son surpoids dans la vie quotidienne.
- Elle explique à TF1info comment la société continue d’exclure les personnes grosses.
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Avec Elles
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Il y a plusieurs années, Virginie Grossat se retrouve coincée entre deux voitures. Elle en fait une vidéo virale : douze millions de vues plus tard, la voici à la tête de comptes TikTok (nouvelle fenêtre) et Instagram (nouvelle fenêtre) très prolifiques. En sous-vêtement ou en robe moulante, la jeune femme de 38 ans se montre sans complexe. Sur ces plateformes d’échange, la Lyonnaise parle de gastronomie, de mode et cherche à redonner confiance aux personnes en surpoids (nouvelle fenêtre).
Ce samedi 12 septembre, au festival Uniques organisé par DiversiDays à Saint-Denis, elle participera à une table ronde sur le rapport au corps. Pour TF1info, l’influenceuse confie rêver de devenir égérie d’une grande marque de vêtements.
Il ne faut pas attendre de ressembler à un idéal
Il ne faut pas attendre de ressembler à un idéal
Virginie Grossat, influenceuse
Comment considérez-vous votre corps ?
Je vois mon corps comme un navire qui me permet de naviguer d’aventure en aventure. J’ai une hygiène de vie saine, je suis dynamique, je ne fume pas et je ne bois pas. Je le vénère chaque jour et j’en prends soin. Je suis née grosse et je vis en étant grosse. Je ne m’excuse pas du corps qui m’a été donné et qui me permet de réaliser plein de choses aujourd’hui. Je ne corresponds pas aux normes de beauté, mais cela ne m’empêche pas d’avoir une vie incroyable. Nous pouvons accomplir de grandes choses quel que soit notre corps. Il ne faut pas attendre de ressembler à un idéal. Je prodigue des conseils à la télé, je travaille sur l’inclusion en entreprise, je voyage, je fais du mannequinat en incarnant des marques de mode…
Vous mettez en évidence le fait que notre société est inadaptée aux personnes grosses. Comment le vivez-vous au quotidien ?
En France, mon profil ne correspond pas aux standards. Dans la mode, par exemple, je ne travaille qu’avec des marques étrangères : en France, elles privilégient les tailles 42 ou 44. Dans la vie quotidienne, notamment dans l’espace public, il n’existe aucun aménagement pour les personnes grosses. Dans les transports, dans beaucoup de restaurants et dans les lieux de culture, impossible de m’asseoir sur un siège en bois ou avec des accoudoirs. Dans les hôpitaux, les brassards des tensiomètres ne sont pas assez larges, des scanners ne peuvent pas accueillir les personnes au-dessus d’un certain poids… Je croise des femmes qui n’osent pas consulter des médecins ou des gynécologues. Ces éléments effacent les personnes en surpoids de la société. En 2030, 50% de la population se retrouvera en situation de surpoids. Il est temps de changer de standard.
Vous subissez régulièrement des campagnes de grossophobie et de cyberharcèlement. Que faites-vous pour appréhender ces campagnes de haine ?
C’est mon quotidien. Dès que j’ouvre les réseaux, je lis des milliers de messages sexistes, grossophobes, misogynes et parfois des menaces de viol ou de mort. C’est un sacré package. Tout ce que je poste est jonché de messages de haine. Les personnes anonymes en profitent. Parfois, je parviens à trouver leur identité, mais la police a très peu de moyens. J’ai déposé une plainte avec des centaines de faits documentés, mais elle a été classée sans suite. Je me console en me rappelant que sur les réseaux sociaux, les algorithmes favorisent l’interaction entre les contenus et les commentaires. Plus vous commentez ces contenus, plus on vous en propose. En quelque sorte, ils deviennent le moteur de ma visibilité et de mon business. En revanche, dans la rue, je reçois rarement d’interactions négatives.
Nous devons travailler notre unicité
Nous devons travailler notre unicité
Virginie Grossat, influenceuse
Pourquoi avez-vous accepté de témoigner au festival Uniques ?
La grossophobie est mise sous le tapis et n’est pas répréhensible légalement. Une pétition déposée à l’Assemblée nationale envisage de légaliser cette discrimination à l’instar de l’homophobie, par exemple. Je veux envoyer un message d’espoir et de prévention à la jeunesse. Je veux leur donner les bons réflexes : porter plainte et dénoncer le cyberharcèlement sur les plateformes gouvernementales. Je reçois également, au milieu de ces vagues de haine, des témoignages de femmes qui parviennent enfin à prendre l’avion ou à se mettre en maillot de bain avec leurs enfants. Il faut travailler notre unicité. J’ai hâte de rencontrer des personnes incroyables portées par la même mentalité.

