- Sur une ancienne base militaire de l’OTAN près de Reims, deux jeunes ingénieurs développent un lanceur spatial adapté aux nouveaux satellites légers.
- Le premier vol de cette fusée, capable de transporter entre 200 et 300 kilos, est prévu pour fin 2027.
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Le 20H
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Sur une ancienne base militaire de l’OTAN, située à Vatry, dans le Marne, en pleine campagne à une heure de Reims, deux jeunes ingénieurs poursuivent un projet ambitieux : envoyer leur première fusée dans l’espace. Leur pari consiste à proposer des lanceurs plus petits, adaptés au transport des nouveaux satellites, de plus en plus légers. Le lanceur dévoilé dans le reportage en tête de cet article dispose d’une charge utile autour de 200 à 300 kilos, ce qui reste modeste par rapport à des lanceurs historiques comme Ariane, capable d’emporter une dizaine de tonnes.
Si tout se passe bien, le premier vol est prévu pour fin 2027. En attendant, les essais s’enchaînent sur le site de la jeune pousse française Latitude (anciennement Venture Orbital Systems). La propulsion, la résistance, tout est contrôlé par une vingtaine d’ingénieurs et techniciens. Certaines recrues viennent d’horizons éloignés de l’industrie spatiale. L’un d’eux travaillait auparavant dans le ferroviaire, dans la maintenance. « C’est vrai que là c’est un peu un rêve d’enfant quand on voit la fusée, avant on voyait ça avec des yeux d’enfant. On n’aurait jamais imaginé qu’un jour on y contribuerait à envoyer une fusée dans l’espace »
, confie Jean-Matthieu Libert, technicien.
Une PME spatiale qui attire les jeunes diplômés
Dans l’usine, les soudeurs cohabitent avec des dizaines d’ingénieurs et de commerciaux. Ces PME de l’espace n’ont aucun mal à attirer de jeunes diplômés. Héloïse Barnay, ingénieure, explique à TF1 dans le sujet : « Je trouve que c’est super de pouvoir construire un lanceur de A à Z, de toucher à plein de choses qui n’est pas forcément le cas des fois dans les grands groupes où on travaille sur une toute petite partie et on ne voit rien du tout du reste. »
À l’origine de ce projet, Stanislas Maximin, un autodidacte de 27 ans, se projette déjà vers la suite et les défis qui suivront le premier décollage. « C’est là qu’on a la deuxième complexité qui est l’industrialisation qu’on compte faire ici en France et passer d’aujourd’hui 170 personnes à 350-400 personnes d’ici le milieu des années 2030 »,
explique-t-il. Rester en France constitue une question d’autonomie et de souveraineté, alors que la concurrence internationale est rude dans cette industrie.
Un satellite pour protéger l’armée française
Dans la salle blanche de l’usine toulousaine Infinit Orbits, une autre entreprise construit un satellite destiné à protéger ceux de l’armée française, par exemple contre l’espionnage dans l’espace. Son nom : le garde du corps. « C’est à 36.000 kilomètres, c’est très difficile aujourd’hui de savoir exactement ce qui se passe en temps réel,
explique Marion Andrieux. Donc nous, on est capables d’apporter un peu plus d’informations sur ce qui se passe autour des satellites stratégiques »
, précise cette responsable. Le satellite est équipé de caméras et de capteurs radiofréquences. En revanche, la manière de répondre aux menaces reste secrète.
Ces technologies secrètes ne peuvent être produites ailleurs que sur le territoire national. « On n’a pas forcément envie que des technologies ou les capacités qu’on est en train de développer soient connues d’autres pays »,
poursuit la directrice commerciale. Pour rester indépendante, cette société toulousaine va devoir embaucher. Une centaine de recrutements est prévue au cours des 12 prochains mois.
La rédaction de TF1info | Reportage : Leonard ATTAL, Pierre DEHORNE et Florian LE GOÏC

