- L’Union européenne demande au géant latino-américain des garanties sur le respect des règles sanitaires.
- Une façon de donner des gages de sa vigilance, alors qu’elle avait été vivement critiquée après avoir signé en janvier l’accord avec le Mercosur.
- Le Brésil, de son côté, a exprimé sa « profonde préoccupation » après cette décision.
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Une réponse de l’UE à l’inquiétude de certains de ses membres. La Commission européenne a décidé, depuis jeudi 3 septembre, de suspendre ses importations de viande (bœuf et volailles), de miel et d’œufs en provenance du Brésil. Bruxelles reproche à Brasilia de ne pas avoir apporté de garanties suffisantes sur la conformité de ses produits avec les règles européennes contre l’utilisation abusive d’antibiotiques dans l’élevage, notamment.
« Dans l’Union européenne, nous avons l’une des nourritures les plus qualitatives au monde, ce qui signifie que l’Europe a mis en place des contrôles très stricts en lien avec notre approche sanitaire,
a indiqué une porte-parole de la Commission (nouvelle fenêtre). Des règles que nous demandons à nos partenaires d’appliquer également ».
Bruxelles a ainsi établi une liste de pays depuis lesquels elle exporte ses denrées alimentaires pour déterminer lesquels respectent ces critères ou non, et le Brésil n’est « pas actuellement sur cette liste »,
dont il a été retiré en mai sous la pression du secteur agricole après la signature du Mercosur (nouvelle fenêtre).
Des gages de vigilance après le Mercosur
En cause, notamment, l’utilisation d’antimicrobiens en élevage dans le but de favoriser ou d’augmenter les rendements des animaux, employés au Brésil par des éleveurs mais interdits dans l’Union européenne. Les vaches et autres volailles ne peuvent pas non plus être traitées avec des antimicrobiens réservés aux infections humaines.
Des exigences qui font partie d’une politique européenne visant à lutter contre la résistance des microbes aux médicaments, en évitant les recours inutiles aux traitements antibiotiques. Le monde a en effet connu une explosion du nombre d’infections résistantes aux médicaments ces dernières années. D’après l’Organisation mondiale de la Santé, les superbactéries résistantes aux antimicrobiens (RAM) sont directement responsables de plus d’un million de décès et contribuent à près de cinq millions de morts supplémentaires chaque année.
Au-delà de la décision sanitaire, avec cette mesure, Bruxelles cherche aussi à donner des gages de sa vigilance, alors qu’elle a été vivement critiquée par le secteur agricole et plusieurs pays, dont la France, après avoir signé en janvier dernier l’accord de libre-échange avec les pays latino-américains du Mercosur : Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay.
La colère du Brésil
Pour s’assurer de la bonne mise en place des interdictions par le Brésil, des audits vont être menés et « nous travaillons étroitement, de manière constructive et positive, avec les autorités brésiliennes afin d’assurer leur conformité à ces exigences. Une fois cette conformité démontrée, les exportations vers l’UE pourront reprendre »,
a précisé une porte-parole de l’exécutif européen à l’AFP.
L’audit concernant la volaille et le miel doit s’achever ce vendredi, mais les résultats ne sont pas attendus avant plusieurs semaines, alors que pour le bœuf, les délais pourraient être plus importants en raison de la durée des cycles de reproduction selon les espèces concernées. Ce n’est qu’une fois ces audits terminés et les conclusions connues que les pays européens pourraient redonner leur feu vert aux exportations brésiliennes.
En 2025, le Brésil était le deuxième exportateur vers l’UE de viande bovine (nouvelle fenêtre), avec plus de 92.000 tonnes de produits, représentant plus de 713 millions d’euros. D’où la « profonde préoccupation »
exprimée jeudi par Brasilia qui « attend fermement que le dialogue technique en cours permette de trouver une solution rapide, objective, transparente et fondée sur des critères scientifiques »,
ont indiqué les ministères brésiliens des Affaires étrangères et de l’Agriculture dans un communiqué de presse.
Ils espèrent que la solution trouvée « reconnaisse de manière adéquate les garanties offertes par le pays et demeure à l’abri de pressions de nature protectionniste »
avant de menacer : « Si les négociations n’aboutissent pas en temps utile à une solution satisfaisante, le gouvernement brésilien se réserve le droit de recourir aux instruments appropriés afin de garantir des conditions de commerce équilibrées ».
Les ministères brésiliens citent notamment les « mesures de réciprocité »
prévues dans la législation brésilienne et les « mécanismes pertinents »
prévus dans l’accord UE-Mercosur.

