- Chaque matin, la jungle de Khao Sok se réveille dans une mer de nuages, dévoilant un réservoir d’eau créé en 1980 qui a englouti des vallées et forêts.
- Ce site naturel exceptionnel, accessible uniquement en bateau, abrite des falaises calcaires vieilles de près de 300 millions d’années et une biodiversité remarquable.
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Le 13H
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Chaque matin, la très humide jungle de Khao Sok se réveille dans une mer de nuages. En se retirant, celle-ci dévoile une immensité émeraude qui cache un trésor : des vallées et forêts englouties en 1980, lorsque la Thaïlande a créé ce réservoir d’eau. Des falaises hautes de plusieurs centaines de mètres se dressent dans le paysage. Certaines dépassent même la tour Eiffel.
Le site se découvre dans des bateaux traditionnels, capables de se faufiler entre les pitons. « C’est irréel ! On se croirait dans un film de science-fiction »
, admire un touriste dans le reportage en tête de cet article. Ce sont pourtant deux James Bond qui ont été tournés dans cette région de Peak Karstik, l’un des plus anciens reliefs calcaires au monde, âgé de près de 300 millions d’années.
Un hôtel flottant au cœur d’une nature protégée
Ici, pas de route, pas de voiture. Toute construction est interdite sur la terre ferme. Un hôtel flottant, accessible uniquement en bateau, permet de séjourner sur place. L’atout principal des chambres réside dans leur ponton et leur coin coucher de soleil. Les visiteurs peuvent faire du kayak et apprécier la tranquillité des lieux. Tout est disponible pour profiter de l’environnement.
Des rochers dévorés par la végétation témoignent de l’humidité exceptionnelle du lieu. C’est l’un des endroits les plus humides de Thaïlande. Chaque année, le parc reçoit quatre à six fois plus de pluie que Paris. Cette jungle est plus ancienne que l’Amazonie.
Des gardes forestiers veillent sur une biodiversité exceptionnelle
Des gardes forestiers sont les protecteurs de cette réserve naturelle. À l’intérieur, près de 300 espèces d’oiseaux et des dizaines d’espèces de mammifères sont analysées grâce à des caméras infrarouges. Ces dispositifs servent à observer les animaux aux alentours, pour savoir s’ils utilisent la zone comme endroit de vie ou pour se nourrir.
Lorsque les humains ne sont plus là, place au tapir, mais aussi au gaur, le plus grand bovin sauvage du monde, et surtout à la panthère nébuleuse, très rare. Les caméras permettent également de lutter contre le braconnage. « Il peut y avoir des braconniers qui viennent ici pour chasser des espèces rares, puis les revendre. Cette caméra peut aussi nous permettre de faire de la vidéosurveillance et de pouvoir retrouver les responsables »
, explique un officier de la protection des forêts. Une nuit sur deux, les gardes doivent dormir dans la jungle, en mode survie en milieu tropical.
C’est aussi la nuit que certains touristes partent découvrir les secrets de cette jungle préhistorique. Grenouille, araignée chasseuse, ou serpent loup non venimeux se dévoilent aux curieux.
Chaque année, près de 200.000 visiteurs viennent ici. Un chiffre encore modeste comparé aux grandes destinations thaïlandaises. Un paradis encore (presque) caché.

