Les marchés mondiaux ont été malmenés par les nouvelles attaques au Moyen-Orient mardi, le bond des cours des hydrocarbures entraînant dans son sillage une forte remontée des taux obligataires et de nouvelles inquiétudes économiques.
Les Etats-Unis ont déclenché des frappes contre l’Iran pour la seconde fois en quelques jours, une opération décrite par Donald Trump comme étant « de grande ampleur et puissante ».
« Une opération décisive menée par les forces armées iraniennes en riposte à l’ennemi américain a commencé », a réagi l’agence de presse iranienne Tasnim.
Après un mois d’accalmie durant lequel l’accent avait été mis par Washington sur « la guerre économique », il n’en a pas fallu plus pour fait bondir les cours de l’or noir, le marché décidant d’appliquer une prime de risque plus importante.
Le baril de WTI américain a gagné 5,20% à 90,22 dollars, au plus haut depuis fin juillet. Son équivalent européen, le baril de Brent de la mer du Nord, a lui avancé de 4,60% à 94,65 dollars.
« Les espoirs apparus la semaine dernière quant à une réouverture prochaine du détroit d’Ormuz à la navigation ont subi un coup dur », relève Carsten Fritsch, analyste de Commerzbank.
Mardi, deux pétroliers ont été touchés par « des projectiles d’origine inconnue » alors qu’ils sortaient d’Ormuz, selon l’agence maritime grecque Marisks.
Alors que les réserves européennes de gaz sont faibles pour cette période de l’année, impliquant des besoins d’approvisionnement importants avant l’hiver, le prix du gaz sur le continent atteint désormais un plus haut depuis janvier 2023, à 74,20 euros le mégawattheure (+6,28%) selon le contrat à terme du TTF néerlandais.
– Les taux d’intérêts flambent –
« La hausse des prix du pétrole est en partie responsable de l’augmentation des rendements observée mardi », relève Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.
Moins confiants sur l’avenir des grandes économies et estimant que la hausse des prix va grignoter leurs marges, les acteurs de marché demandent une compensation plus élevée pour détenir ces morceaux de dette souveraine, ce qui fait grimper les taux obligataires.
Le rendement de l’emprunt à 10 ans pour la France a touché un nouveau plus haut depuis 2008, comme au Royaume-Uni, et un sommet depuis 2011 en Allemagne. Au Japon, le taux à 10 ans a grimpé au plus haut depuis 1996.
Vers 20H50 GMT, l’emprunt à 10 ans français s’affichait à 4,21% contre 4,17% lundi à la clôture, et le Bund allemand évoluait à 3,37% environ contre 3,32% la veille. Au Royaume-Uni, il touchait 5,22% contre 5,06% à la dernière clôture.

