- Le silence est une forme de communication.
- Il arrive que l’un des partenaires reste mutique, sans volonté de punir ou de manipuler.
- Ce silence peut avoir différentes explications et il peut avoir des effets dévastateurs pour le couple.
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Le silence est courant dans les relations amoureuses, mais également dans la vie amicale, professionnelle ou familiale. Un silence est une manière de communiquer. Cependant, derrière ce mutisme se cachent diverses raisons. Et elles ne sont pas les mêmes pour tout le monde.
Pour certaines personnes, derrière le silence, il y a la peur. Peur de trop en dire, peur du rejet ou de l’abandon. Aussi, plutôt que de s’exprimer, elles retiennent leurs ressentis, quitte à se faire souffrir elles-mêmes. Pour la psychologue Lara Ferreiro interrogée par Hola !
, ce silence est « une stratégie inconsciente pour maintenir les liens, même au détriment de leur bien-être
« . Ce silence peut aussi être une attitude qu’elles ont intégrée depuis l’enfance, surtout si elles ont grandi dans un environnement très peu sécurisant, notamment sur le terrain émotionnel. Ces enfants ont appris qu’il vaut mieux se taire que parler, car s’exprimer les exposait à des cris, à de la violence ou à de l’indifférence. « Beaucoup viennent de familles avec des tabous émotionnels, où les problèmes n’étaient pas abordés. Ou bien, ils ont eu des parents autoritaires ou absents. Tout cela a un impact significatif
« .
Anxiété, manque de compétence et hypersensibilité
Dans d’autres cas, le silence d’un partenaire est aussi un signe d’un « manque de compétence » en matière de communication. Parce qu’il ne sait pas comment aborder un sujet, par peur de blesser ou par anxiété, il préfère ne rien dire. « Ils croient que s’ils disent ce qu’ils pensent, ils paraîtront impolis, arrogants
« . Elle poursuit : « Beaucoup pensent qu’être une bonne personne signifie ne pas se plaindre, pardonner et endurer. Mais non, être une bonne personne ne signifie pas se laisser exploiter par les autres. Certains pensent que dire ce qu’ils pensent est égoïste, alors qu’en réalité, ils protègent leur santé émotionnelle
« .
Il s’agit alors d’un mécanisme de défense que l’on retrouve notamment chez les personnes hypersensibles dont le cerveau réagit intensément au stress. Pour éviter les confrontations, elles préfèrent se réfugier dans le mutisme. De même pour les personnes au style d’attachement évitant qui ont tendance à s’éloigner émotionnellement pour se protéger et se réfugier dans le silence.
Un silence, beaucoup de conséquences
Le silence, même lorsqu’il n’est pas utilisé comme une arme de manipulation ou comme une punition, est dévastateur. Il laisse la place aux non-dits, aux ressentiments, aux déséquilibres et parfois à la violence. Pour la personne qui retient tout et ne dit rien, le premier risque est l’accumulation émotionnelle. « Tout ce que l’on ne dit pas reste en soi et finit par exploser. Cela peut entraîner des accès de colère, des insomnies, de l’anxiété
« . Et pour les relations ? « Elles finissent par être inauthentiques, déséquilibrées, voire violentes. Les personnes qui ne savent pas fixer de limites finissent par se retrouver dans des relations où elles cèdent et où l’autre impose ses limites. Elles ressentent de la culpabilité, du ressentiment et leur estime de soi se détériore
« . Rechercher une aide thérapeutique peut être bénéfique pour apprendre à communiquer et ne pas se réfugier dans le silence. L’autre partenaire peut également être un soutien. Ce dernier doit, certes, faire preuve de patience, mais aussi aider à valider les émotions, ne pas mettre de pression et poser des questions ouvertes. Le but ? Créer un espace sûr.

