L’Union européenne et 26 pays dont la France, le Royaume-Uni et le Canada, ont condamné ce mercredi 12 août les exécutions judiciaires de manifestants en Iran, qui se sont multipliées récemment.
Ces pays « condamnent avec la plus grande fermeté les exécutions de manifestants qui se poursuivent et le recours à la peine de mort par la République islamique d’Iran », destiné à « faire taire les dissidents, intimider des communautés et punir des personnes exerçant leurs droits fondamentaux », ont écrit les signataires dans une déclaration conjointe.
« Nous appelons le régime iranien à cesser immédiatement d’appliquer la peine de mort et à libérer sans délai toutes les personnes arbitrairement détenues », ajoutent-ils, demandant aussi à Téhéran d' »écouter la voix de son peuple, qui réclame le changement ».
Sur X, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot a partagé cette déclaration commune, écrivant: « sept mois après les crimes de masse commis à l’encontre du peuple iranien qui se levait pour réclamer la justice et la dignité, le régime continue de faire couler le sang en multipliant les exécutions. Cette répression insupportable et inhumaine doit cesser ».
Mercredi dernier, l’ONU s’est dite « alarmée » par la hausse des exécutions en Iran, avec au moins 56 personnes mises à mort pour des motifs de sécurité nationale depuis les premières pendaisons liées aux manifestations de début d’année.
« Plus d’une centaine d’autres personnes risquent d’être exécutées pour des chefs d’accusation similaires », avait alors alerté le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Volker Türk, sans compter ceux qui risquent l’exécution pour d’autres motifs.
Les exécutions se sont multipliées dans le pays depuis le début de la guerre déclenchée le 28 février par une offensive américano-israélienne contre l’Iran, nombre de personnes exécutées ayant été condamnées pour leur participation aux manifestations qui ont débuté fin décembre.
Des milliers de morts lors des manifestations
Le mouvement de protestation, initialement déclenché par la vie chère, s’était rapidement transformé en vastes manifestations antigouvernementales, culminant les 8 et 9 janvier.
Le pouvoir a reconnu plus de 3.000 morts, imputant les violences à des « actes terroristes » orchestrés par les États-Unis et Israël. Des ONG basées à l’étranger affirment que la répression a fait des milliers de morts.
Selon des ONG, dont Amnesty International, l’Iran est le pays qui recourt le plus à la peine capitale après la Chine. En 2025, les autorités iraniennes ont exécuté au moins 1.639 personnes, un record depuis 1989, selon des données des ONG Iran Human Rights, basée en Norvège, et Ensemble contre la peine de mort (ECPM).
Article original publié sur BFMTV.com











