- Au début du mois, quelque 72.000 personnes venues du Maroc avaient soudainement afflué dans l’enclave espagnole, située sur les côtes d’Afrique du Nord.
- À rebours des autorités espagnoles, le dirigeant local assure que « 8.000 » à « 11.000 » personnes sont toujours présentes sur place.
- Il a ainsi exhorté à « aménager un espace qui fonctionnerait comme un centre de rétention » pour ces migrants.
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Plusieurs jours après une crise migratoire inédite, l’enclave espagnole reste sous tension. Le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas, a appelé lundi 10 août à « confiner »
les migrants encore présents sur ce territoire, en attendant leur expulsion. Au début du mois, quelque 72.000 personnes venues du Maroc ont afflué en quelques jours à peine (nouvelle fenêtre), selon le gouvernement à Madrid, qui a signalé au moins 80 décès lors de cette vague d’arrivées chaotiques.
Parmi eux, 70.000 migrants sont repartis très rapidement, d’après l’exécutif. Mais les autorités locales assurent quant à elles que « 8.000 »
à « 11.000 »
personnes se trouvent toujours sur le sol de cette enclave de quelque 84.000 habitants, située en Afrique du Nord, selon le journal espagnol La Vanguardia
(nouvelle fenêtre). Le sort de ces personnes, arrivées illégalement à pied ou à la nage (nouvelle fenêtre), est plus largement en train de devenir l’objet de vives discussions politiques entre le gouvernement central, de gauche, à Madrid, et le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas, membre du principal parti de droite (Parti populaire).
Une situation « intenable, inacceptable » sur place
Face à cette situation, le dirigeant local a mis en avant une proposition radicale. « Il faut aménager un espace qui fonctionnerait comme un centre de rétention pour étrangers, où ces personnes puissent être placées et y demeurer confinées »
, a-t-il déclaré au cours d’une conférence de presse ce lundi, évoquant une situation sur place « intenable, inacceptable »
.
« Leur liberté de mouvement sera restreinte jusqu’à ce que leur dossier d’expulsion soit instruit et finalisé »
, a-t-il martelé, appelant « urgemment »
à « un plan d’État ayant pour objet de
rétablir la normalité à Ceuta
(nouvelle fenêtre)«
. Mettre en place un tel centre « permettra de subvenir à leurs besoins vitaux, de les empêcher de vivre dans la rue et de faciliter le traitement des dossiers d’expulsion »
, a-t-il aussi déclaré, cité par La Vanguardia
.
Juan Jesús Vivas a par ailleurs salué la manifestation « exemplaire »
qui a rassemblé dimanche plus de 10.000 personnes pour dire « Assez ! »
, selon un chiffre donné par les organisateurs. La police avait, de son côté, communiqué le chiffre de 5.000 manifestants à Ceuta.
Lors de cet afflux soudain de migrants, au moins 80 personnes ont perdu la vie, selon une commission espagnole de spécialistes en médecine légale, tandis que des associations marocaines avancent le chiffre d’au moins 141 décès.











