Bis repetita à Ceuta ? Après une première vague migratoire la semaine passée, durant laquelle 72 000 personnes sont entrées illégalement en quelques jours dans l’enclave espagnole, voici que de nouvelles rumeurs émergent sur les réseaux sociaux.
Dans un document consulté par la RTVE, la télévision publique espagnole, la Guardia Civil fait état d’un appel sur les réseaux sociaux marocains à rejoindre Ceuta pour la journée du 15 août, rapporte Le Parisien ce samedi 8 août.
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« Le risque que cela se produise est réel, mais l’ampleur de ce mouvement est incertaine. Les mesures préventives prises par le Maroc sur les routes, dans les gares, à Fnideq et le long du littoral seront cruciales, tout comme les renforts espagnols », indique notamment le document.
La conclusion de celui-ci « n’est pas qu’il y aura une prise d’assaut (de la frontière) le 15 août », mais plutôt qu’« il existe un appel à l’action numérique actif et potentiellement mobilisateur pour cette date ».
Parallèlement, la Guardia Civil fait état de l’existence de messages de désinformation circulant concernant l’ouverture de la frontière, l’octroi de l’asile, l’aide humanitaire et l’impossibilité de renvoyer les personnes arrivant à Ceuta.
Groupes WhatsApp
Le Parisien a pu consulter certains de ces messages. « Créons un groupe WhatsApp, notre rendez-vous est ce jour-là : 15/08/2026 », peut-on notamment lire dans un réel Instagram vu près d’1,3 million de fois. « Préparez-vous les frères », affirme une autre publication mettant en avant la même date.
Déjà plutôt dans la semaine, El País évoquait dans un article l’existence de ces publications. « Frères, 15/08/2026 », pouvait-on ainsi lire dans un message WhatsApp d’un groupe de 35 membres intitulé « Migration vers Ceuta et Melilla », créé le 30 juillet. Le journal espagnol avait interrogé en privé le créateur de l’un de ces groupes pour savoir s’il s’agissait de tenter d’entrer à Ceuta le 15 août. « Oui, et même plus », avait-il répondu. À la question de savoir si ce serait sûr, s’il y aurait beaucoup de monde ou s’il y aurait un rapatriement, il avait simplement répondu : « Dieu seul le sait. Allez-y, rejoignez le groupe et posez la question ».
Lors de la première vague fin juillet, tout était aussi parti d’une rumeur prétendant que la frontière à Ceuta était ouverte. Cette fausse information faisait référence à une récente décision du Tribunal suprême espagnol à Madrid disposant que le renvoi immédiat d’un migrant ne s’appliquerait pas aux personnes arrivées par la mer.
Vendredi, des associations marocaines de défense des droits humains ont estimé qu’au moins 141 personnes avaient péri la semaine passée en cherchant à rejoindre l’enclave espagnole pour beaucoup à la nage à partir du Maroc, un bilan qui risque encore de s’alourdir.
Sur les 72 000 migrants entrés, ils sont depuis 70 000 à avoir été renvoyés au Maroc, selon le ministère espagnol de l’Intérieur. Selon les ONG, 111 personnes ont été arrêtées pendant cet afflux inédit vers Ceuta ainsi qu’à Melilla, l’autre enclave située à 400 kilomètres à l’est.
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