- Le président de la Fifa, Gianni Infantino, est embourbé dans une crise depuis l’échec de son plan d’ouverture de la Fifa à des investisseurs privés.
- Alors que l’Italo-Suisse est tourné vers sa possible réélection, dont le scrutin est prévu en mars 2027, les appels à son départ se multiplient.
- Voici ceux qui veulent le voir quitter son poste, et ses soutiens encore assumés.
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La pression s’accentue sur Gianni Infantino. Malgré l’abandon de son projet de réforme ouvrant la voie à des investissements privés à la Fifa, le 1ᵉʳ août, le patron du football mondial reste au cœur de la polémique. Lâché par plusieurs cadres de l’instance, le dirigeant italo-suisse, déjà lancé dans sa campagne pour sa possible réélection, dont le scrutin est prévu en mars 2027, doit désormais faire face à des oppositions externes. Et c’est en Europe que la fronde est la plus prégnante.
L’UEFA mène la fronde
Malgré l’abandon du projet officiel et les « excuses » de la Fifa, la confédération européenne de football (UEFA), qui regroupe 55 fédérations, ne lâche rien et maintient sa menace de boycott des Coupes du monde. Dans une déclaration transmise jeudi 6 août à l’AFP, l’UEFA a demandé « que des assurances soient données que de telles tentatives de défigurer le football de cette manière ne puissent jamais se reproduire »
. « Ces conditions n’ont pas été remplies »
, a jugé l’UEFA, qui a réaffirmé « avoir perdu confiance dans la présidence de Gianni Infantino »
.
Opposant de Gianni Infantino, le patron de la confédération européenne, le Slovène Aleksander Ceferin, peut compter sur le soutien de l’Association européenne des clubs (EFC), dont le président est l’influent Nasser al-Khelaïfi, également à la tête du PSG. Et plusieurs fédérations européennes (Finlande, Serbie, Suède, pays de Galles, Danemark…) ont d’ores et déjà annoncé publiquement ne pas soutenir Infantino pour l’élection de mars 2027. Si les positions des fédérations majeures se font attendre, la Fédération anglaise lui aurait retiré son soutien, a rapporté jeudi la presse britannique.
La Fédération norvégienne demande sa démission
À la pointe des critiques envers Gianni Infantino depuis plusieurs années, la Fédération norvégienne est même allée plus loin ce vendredi 7 août en demandant au président de la Fifa de quitter son poste. « Il n’a pas la confiance institutionnelle nécessaire pour diriger la Fifa de manière stable dans la période que nous traversons actuellement. Il n’y a plus de retour en arrière possible pour Gianni Infantino »
, a affirmé sa présidente, Lise Klaveness. « Nous allons demander au président de la Fifa de démissionner maintenant. »
La fédération norvégienne a par ailleurs décidé de saisir le comité éthique de la Fifa sur trois dossiers : le projet avorté d’ouverture à des investisseurs privés, l’annulation de la suspension du joueur américain Folarin Balogun lors de la Coupe du monde 2026 après l’intervention de Donald Trump, et l’attribution par la Fifa d’un soi-disant « prix de la paix » au président américain.
L’ancienne légende portugaise Luis Figo très critique
Ancien soutien public d’Infantino, Luis Figo a lui aussi haussé le ton face au plan de création d’une société commerciale ouverte aux investisseurs extérieurs. « Je pourrais écrire 10.000 mots sur les problèmes à la Fifa. Mais la solution tient en trois mots : Infantino doit partir »
, a résumé la légende du football portugais, Ballon d’Or 2000, dans une tribune dans le journal britannique Daily Mail
.
« J’ai rencontré quelques escrocs durant ma carrière mais ce que j’ai vu ces dix derniers jours, c’est le pire comportement, le plus sournois et le plus égoïste auquel j’aie assisté »
, a attaqué l’ancien joueur du FC Barcelone et du Real Madrid, nommé conseiller à l’UEFA en 2017. « Il est trop tard pour sauver sa dignité, mais il n’est pas trop tard pour sauver le football. Il doit partir. Tout de suite »
, a ajouté Luis Figo.
La Concacaf et la confédération asiatique veulent une révision de la gouvernance de la Fifa
Après avoir exprimé ses « vives inquiétudes quant à l’absence de procédure régulière entourant cette proposition »
d’ouverture de l’instance mondiale aux investissements privés, la Concacaf a réclamé une « remise à plat complète »
de la gouvernance de la Fifa. Selon l’instance qui regroupe 35 fédérations d’Amérique du Nord et des Caraïbes, la Fifa a agi « en dehors de tout cadre et sans transparence, consultation, ni procédure régulière »
.
Sans clairement prendre position contre Gianni Infantino, la Confédération asiatique (AFC), et ses 46 membres affiliés, a elle aussi estimé que ce projet a « mis en évidence les faiblesses fondamentales des processus de consultation et de prise de décision de la Fifa »
, appelant à procéder « d’urgence à une révision de son cadre de gouvernance »
.

L’Afrique et l’Argentine au soutien d’Infantino
Fragilisé, Gianni Infantino peut compter sur le soutien de poids de la Confédération africaine (CAF), avec ses 54 membres affiliés à la Fifa, qui lui a « réaffirmé à l’unanimité son soutien »
dans un communiqué publié jeudi. La CAF a assuré avoir « accueilli favorablement »
les excuses du patron de la Fifa ; et le président de la CAF, Patrice Motsepe, l’a remercié « pour son appui constant au football africain au fil des années »
.
Malgré la « préoccupation »
exprimée jeudi par la Confédération sud-américaine (Conmebol), l’Argentine a apporté son soutien à Gianni Infantino pour « la gestion menée au cours des dix dernières années »
, saluant également le retrait du projet controversé et les excuses de la Fifa. Dans un communiqué, l’Association du football argentin (AFA) a notamment décrit un « modèle de gouvernance clair, stable et transparent »
. Son président, Claudio Tapia, mis en examen en mars pour évasion fiscale, est un proche du dirigeant italo-suisse.
À moins d’un an du prochain Congrès de la Fifa, en mars 2027, l’AFA a ajouté « être fermement convaincue que la voie à suivre consiste à poursuivre le travail »
avec Gianni Infantino comme président « afin de continuer à développer un football meilleur et encore plus inclusif »
.











