- Dans les Landes, 2.500 hectares ont brûlé et 23.000 personnes ont été évacuées.
- Parmi elles, des riverains et des familles en vacances à Biscarosse ont passé la nuit dans des abris de fortune.
- Plusieurs concernés racontent ces dernières heures chaotiques dans ce reportage du JT de TF1.
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Ce vendredi 24 juillet, les pompiers luttent encore, maison par maison, pour éviter de nouveaux départs de feu dans une zone commerciale de Biscarosse réduite en cendres durant la nuit. Tous les habitants du quartier ont été évacués, comme 23.000 personnes au total dans le département des Landes. Les vacanciers dans les campings alentours comptent également parmi ces déplacés. Dans le reportage sur place du 13H de TF1 visible en tête de cet article, on les voit errer au petit matin sur le bord de mer, à Biscarosse-Plage, épuisés par la nuit chaotique qu’ils viennent de passer. « Depuis 4h du matin, on est dehors et on ne peut pas dormir. C’est impossible. Quand on laisse une maison, on ne sait pas ce qu’on va retrouver »
, témoigne une riveraine.
On les retrouve retranchés sur la terrasse d’un restaurant de plage réquisitionné par la mairie, loin de l’ambiance petit-déjeuner de vacances. « On nous dit que ça brûle encore au bout. C’est l’apocalypse ! Et si jamais la route de la plage brûle, on est tous coincés là »
, s’inquiète un homme attendant devant sa voiture, dans l’un des nombreux parkings désormais bondés. « À 5h30 du matin, les gendarmes sont venus taper à notre porte en nous criant d’évacuer tout de suite »
, relate une autre vacancière. Des flammes très hautes progressaient alors rapidement en direction des maisons.
Les habitants ont d’abord été orientés vers un gymnase à l’opposé de la ville, puis à nouveau évacués encore plus loin. « C’est la deuxième évacuation de la soirée. Et là, on va partir sur la plage »
, souffle une mère de famille, son enfant dans les bras au milieu de la nuit. « Passeports, médicaments, ordinateur, le minimum »
, énumère un voisin concernant le contenu du sac qu’il charge en toute hâte dans son coffre. Celles et ceux qui fuient les flammes en urgence se retrouvent quelques mètres plus loin, coincés dans les embouteillages. Découragés, certains dorment dans leur voiture, stationnée sur le bas-côté. « Il y a la queue comme pas possible. J’ai tous les animaux dans la voiture, avec un chat cardiaque. J’attends »
, confie une naufragée de la route.
Quelques heures plus tard, ils sont des dizaines à avoir trouvé refuge dans le gymnase susmentionné. L’adrénaline redescend. L’inquiétude monte. « Je ne me sens pas très bien, je suis anxieuse. J’ai peur pour ma maison. Je suis très émue, parce que j’ai peur, et puis ma fille et mes petites-filles sont en vacances. Je n’ai pas envie de leur faire vivre ça »
, se livre une retraitée, fondant en larmes. Ici, l’évacuation est inédite par son ampleur. Il a donc fallu pousser les murs. Une boîte de nuit a elle aussi ouvert ses portes en urgence. « On a dû évacuer tous les Ehpad, avec les résidents et les infirmières. On a pu les installer à peu près comme il fallait »
, précise Raphaël Pancaut, gérant de l’Oceana, l’établissement nocturne en question.
À 10 kilomètres plus au sud, 5.000 personnes ont dû être évacuées d’une autre ville, celle de Parentis-en-Born. Cette fois majoritairement des touristes dont les séjours ont tourné au cauchemar. « J’ai eu un peu peur, surtout quand on a pris la route et qu’on a vu les flammes au loin. Forcément, il y a eu un peu d’inquiétude. Et puis, pour les enfants, raccourcir les vacances, ce n’est pas facile non plus »
, s’épanche une maman, dont on voit les enfants se réveiller déboussolés, accrochés à leurs oreillers. « On a eu du mal à s’endormir, parce que je croyais que ça allait gâcher les vacances, mais on y est arrivé »
, relativise l’un d’eux.
Propagation du feu : des forêts inadaptées ?Source : JT 13h Semaine
02:02
Propagation du feu : des forêts inadaptées ?
Du côté du camping, en revanche, c’est la soupe à la grimace. « On ne sait pas ce qu’on fait. On ne sait pas si on reste ou si on part. C’est compliqué quoi »
, s’impatiente, logiquement, une vacancière. Image singulière et spectaculaire, visible en conclusion du reportage ci-dessus : celle de chevaux galopant sur la route, après qu’un centre équestre a dû être évacué d’urgence. Le feu serait initialement parti d’une camionnette qui a pris feu à la suite d’une panne moteur. En tout, dans les Landes, 2.500 hectares ont brûlé et 105 habitations ont été touchés par les flammes, partiellement ou totalement détruites.
Hamza HIZZIR | Reportage TF1 : Joséphine DE FRANCQUEVILLE, Célia AZZEGAGH, Corentin MADERE












