C’est « une nouvelle phase dans la guerre qui oppose depuis des années les houthistes alignés » sur Téhéran, à Riyad, observe Al-Jazeera.
Les rebelles yéménites ont annoncé lundi 20 juillet un blocus maritime de l’Arabie saoudite, en pleine intensification de la guerre entre les États-Unis et l’Iran, « menaçant ainsi d’ouvrir un nouveau front dans le conflit au Moyen-Orient », note The New York Times. « La mainmise de l’Iran sur le détroit d’Ormuz a réduit les approvisionnements mondiaux en carburant, faisant grimper les prix [du pétrole]. Mais l’Arabie saoudite, alliée des États-Unis, a réussi à réorienter une partie de ses exportations via la mer Rouge », rappelle le quotidien américain. « Or, si les houthistes mettent à exécution leur menace de ne pas laisser passer les navires saoudiens par le détroit de Bab El-Mandeb, la porte d’entrée méridionale de la mer Rouge, cela aggraverait la crise énergétique mondiale ».
La milice yéménite n’a toutefois donné aucun détail sur les modalités de ce blocus, observe The Hill. Leur porte-parole militaire Yahya Saree a simplement affirmé lundi que le groupe visait « l’ennemi saoudien […] selon le principe ‘œil pour œil’, avec effet immédiat ».
De son côté, le ministère des Affaires étrangères saoudien a exprimé « la plus ferme condamnation du Royaume d’Arabie saoudite à l’égard des déclarations faites par le soi-disant porte-parole militaire de la milice terroriste houthie […] imposant un blocus maritime au Royaume ». Et de préciser que Riyad « continue de soutenir le peuple yéménite frère et son gouvernement légitime ».
L’annonce des houthistes survient dans un contexte de fortes tensions avec l’Arabie saoudite, rappelle Foreign Policy. « La semaine dernière, le groupe allié de Téhéran a accusé l’Arabie saoudite d’avoir bombardé l’aéroport international de Sanaa, au Yémen, afin d’empêcher un avion iranien d’y atterrir. L’appareil transportait selon certaines informations des membres de la direction des houthistes qui avaient assisté aux funérailles de l’ancien guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei », précise le magazine. Bien que l’avion ait finalement réussi à atterrir dans un autre aéroport yéménite, les houthistes ont « rapidement riposté par des frappes de missiles et de drones contre l’aéroport international d’Abha, en Arabie saoudite ». Et « lundi, le groupe a élargi ses représailles en promettant de bloquer le trafic maritime saoudien entre la mer Rouge et le golfe d’Aden ».
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