Avec notre correspondant à Conakry, Moktar Bah
Connue pour avoir été l’épouse de Ahmed Sékou Touré, premier président de la Guinée indépendante, et la première première dame du pays de 1958 à 1984, Hadja Andrée Touré est décédée ce mercredi.
« C’est une part vivante de notre mémoire nationale qui s’éteint », a estimé le président Mamadi Doumbouya qui qualifie Hadja Andrée Touré comme « un témoin privilégié et une actrice discrète des heures fondatrices de notre indépendance ».
Née en 1934 en Kankan, d’un médecin militaire français et d’une guinéenne, Hadja Andrée Touré étudie à Conakry et rencontre son futur mari au début des années 1950 avant de l’épouser en juin 1953.
À lire aussiGuinée: le chef de la junte présent à l’hommage aux victimes des massacres du 28-Septembre
Lors de la présidence d’Ahmed Sékou Touré, elle reste plutôt discrète sur le plan politique. Elle accompagne cependant le chef de l’État lors de nombreux voyages officiels et reçoit des dirigeants étrangers, assumant les fonctions protocolaires de Première dame.
Arrêtée avec son fils après le coup d’État militaire qui suit le décès de Sékou Touré, ses biens sont également confisqués. Elle est condamnée en 1987 à une peine de travaux forcés.
Libérée en 1988, elle s’exile au Maroc, en Côte d’Ivoire puis au Sénégal, avant de revenir en Guinée en 2000.
En 2023, elle publie son autobiographie, Ma vie auprès d’Ahmed Sékou Touré, dans laquelle elle raconte la lutte pour l’indépendance et sa vision de cette période de l’histoire guinéenne.
À lire aussi[Guinée, histoire des violences politiques] Itinéraires d’une mémoire meurtrie











