- Dans une lettre adressée à ses avocats, Cédric Jubillar a avoué avoir participé à la disparition de sa femme Delphine, en décembre 2020.
- L’homme a détaillé la soirée du drame et veut collaborer avec la justice.
- La tenue de son procès en appel, prévue en septembre, est « impossible » selon ses avocats.
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Disparition de Delphine Jubillar : les aveux de son mari Cédric avant son procès en appel
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Rebondissement majeur dans l’affaire Jubillar. Après six longues années de dénégations, Cédric Jubillar, condamné en première instance à trente ans de prison, est passé aux aveux, par la voix d’un courrier manuscrit adressé à ses avocats. Dans une conférence de presse tenue ce lundi, ses avocats ont livré en détail les confessions de l’auteur présumé de la disparition de Delphine Jubillar, dont le corps n’a jamais été retrouvé.
« J’ai tissé une relation de confiance avec Cédric Jubillar
« , a introduit Me Pierre Debuisson, qui assure la défense du peintre-plaquiste depuis janvier 2026. « Très rapidement, j’ai senti le besoin pour lui de parler. Sa fragilité était flagrante. Il m’a dit lui-même : ‘Je me suis recroquevillé comme une huître sur son rocher’
« , a poursuivi l’avocat, alors que Cédric Jubillar est à l’isolement depuis juin 2021.
Le corps de Delphine transporté en voiture
Le pénaliste entre ensuite dans les détails du mécanisme de passage aux aveux. « Il y a quelques semaines, il m’a dit : ‘C’est moi qui suis à l’origine de la disparition de ma femme’
« . Et d’entrer dans les détails des circonstances du drame : « Il s’agit d’un couple qui s’est dégradé inexorablement, avec des tensions de plus en plus fortes. C’est dans le cadre d’une énième dispute conjugale que les choses ont mal tourné
« .
Après le meurtre de Delphine, Cédric, « tétanisé
« , aurait déplacé le corps pour épargner à ses enfants la vue de leur mère inconsciente. « Quand il a repris ses esprits et pris conscience de son geste, il a tout de suite pensé à ses enfants. Il n’a pas voulu leur infliger ce regard terrible de ce corps inanimé de leur mère et s’est dit qu’il ne fallait pas qu’ils voient ça
« , a indiqué Me Debuisson.
Réservant les détails à la justice, Cédric Jubillar aurait ensuite déplacé le corps en voiture. « Il l’a déplacé dans un endroit pour lequel il nous a donné quelques précisions, mais pas beaucoup de détails
« , a ajouté le pénaliste.
Une enquête « bâclée »
L’avocat s’est ensuite insurgé contre les conditions de détention de son client qu’il juge être un « véritable scandale
« . « J’ai été immédiatement choqué par le délabrement psychologique de ce garçon (…) En juin, cela fera cinq ans que Cédric Jubillar est à l’isolement, alors que la justice européenne considère que c’est un moyen de torture
« . Ses conditions carcérales sont « pires que celles de la plupart des terroristes
« , a-t-il fustigé.
Les auxiliaires de justice ont ensuite donné des détails sur la personnalité du condamné, qui semble avoir évolué. « En libérant sa conscience, il voulait démontrer une autre image de lui. Il y a une sensibilité chez lui qui est incontestable. J’ai entendu des remords extrêmement profonds, qui font que, vis-à-vis de ses enfants, des parties civiles, il a beaucoup à dire
« , a énoncé Me Guy Debuisson. Pour eux, la justice « n’a pas joué le jeu
« , pointant un manque de « mise en confiance
» et une enquête « bâclée
« . « Si le travail avait été fait sérieusement, au bout de 48 heures, toutes les informations auraient été recueillies et le corps de Delphine Jubillar aurait été retrouvé
« , a taclé Me Pierre Debuisson.
Avec ces nouveaux éléments, la tenue du procès en appel, attendu en septembre, est « impossible
« , juge Me Pierre Debuisson. « Il faut qu’il soit entendu. Il faut qu’il y ait des fouilles, (…) des analyses sur le corps de Delphine. Il faut une nouvelle expertise psychologique et psychiatrique, parce que tout ce qui a été fait était basé sur du néant, donc ça va prendre du temps
« . Des aveux qui auraient pu être faits depuis « trois ou quatre ans
» sans la « prise quotidienne de cachets
« , d’après l’avocat.











