Plusieurs petits réacteurs nucléaires de nouvelle génération, considérés comme l’avenir du secteur, sont désormais opérationnels ou en passe de l’être aux Etats-Unis, une étape majeure permise par l’afflux de capitaux privés et le soutien du gouvernement américain.
Ces quelques hangars de couleur terne, plantés au milieu du désert de l’Idaho, pourraient passer inaperçus.
Mais la forme bombée de certains, la présence de nombreux soldats, avec fusils d’assaut et gilets pare-balles, les check-points ou ce symbole de radioactivité sur d’énormes caisses sortent de l’ordinaire.
C’est ici même, sur le site de l’Idaho National Laboratory (INL) que le 4 juin, la start-up Antares est parvenue à faire tourner seul un réacteur nucléaire de nouvelle conception, une première depuis près de cinquante ans aux Etats-Unis.
« C’est vraiment la première réalisation concrète de cette renaissance du nucléaire », s’enthousiasme Jordan Bramble, patron d’Antares.
Aalo Atomics, autre participant au programme créé en 2025 sous l’impulsion de Donald Trump, s’apprête à en faire de même dans les jours à venir, toujours à l’INL, quelques heures avant la date fixée par le président américain, le 4 juillet, fête nationale.
Entre temps, le 18 juin, Valar Atomics a, elle aussi, atteint dans l’Utah ce stade dit de la criticité.
« Ca fait 30 ans que je suis dans cette industrie et je ne pensais pas voir construire un réacteur de conception nouvelle », glisse un ingénieur d’Aalo devant le prototype.
Après avoir mis au point plus de 50 prototypes de réacteur, dont le premier au monde à alimenter le réseau en électricité, en 1951, l’INL avait appuyé sur pause après les accidents de Three Mile Island aux Etats-Unis et de Tchernobyl en URSS.
Mais la guerre en Ukraine, puis l’accélération de l’intelligence artificielle (IA), ont mis sous tension le secteur de l’énergie et amené Joe Biden, puis Donald Trump, à relancer le nucléaire civil via des partenariats public-privé.
Des milliards de dollars côté privé comme public ont déjà été mobilisés pour développer ces petits réacteurs (ou SMR), si mobiles que l’un d’entre eux a été acheminé à l’INL par la seule traction d’un pick-up.
Outre son soutien financier, le gouvernement a mis au service des entreprises sélectionnées les installations de l’INL et ses équipes, qui ont accumulé près de 80 ans d’expérience.
Ils utilisent d’autres méthodes que la vapeur d’eau des réacteurs conventionnels, ce qui rend impossible un enchaînement similaire à ceux observés à Three Mile Island ou Tchernobyl.











