- Le groupe de défense français Thales a signé un partenariat avec Renault pour développer et industrialiser la production de son drone explosif Toutatis, qui n’était jusque-là qu’au stade de prototype.
- Avec cet accord, l’objectif est de produire 1.000 unités par mois dès 2027.
Un partage de compétences en matière militaire. Thales a signé mardi 16 juin un partenariat avec Renault pour l’industrialisation à grande échelle de ses « munitions téléopérées »
Toutatis. « Sa production en grande série, rendue possible par le partenariat avec Renault Group, un géant historique de l’automobile, pionnier dans les processus d’industrialisation, assure aux forces armées souveraineté et réactivité »
, se félicite le groupe de défense.
« On s’est dit que si on voulait produire en quantité importante, rapidement, probablement des industriels étaient mieux placés que Thales »
, explique le PDG Patrice Caine. « On s’est assez rapidement tourné vers le groupe Renault », car les deux entreprises sont « parfaitement complémentaires »
, ajoute-t-il. Le directeur général du constructeur automobile, François Provost, confirme que « Renault apporte la capacité de faire des objets disruptifs, à des coûts »
meilleurs que ceux « d’un industriel de défense, et de fabriquer à grande échelle »
. Concrètement, l’une des firmes apportera son savoir-faire dans la production de masse dans des délais courts et l’autre fournira la technologie militaire.
Un engin « ultra polyvalent » qui peut résister au brouillage électronique
Mais alors, qu’est-ce que Toutatis ? Il s’agit d’un drone « ultra polyvalent »
, pouvant tout aussi bien être transporté par un soldat ou déployé depuis des véhicules, avions ou navires. Il est contrôlable depuis une tablette. De même, l’arme peut détruire des véhicules blindés et fonctionner en essaim avec d’autres drones. Toutatis « dispose d’une tête militaire de 1 kg interchangeable selon l’effet recherché (…) et offre une réponse adaptée à tous types de théâtres et de missions opérationnelles »
, écrit Thales, sur son site internet. De même, « son guidage allie efficience et précision, garantissant une fiabilité en ciblage même en conditions difficiles »
.
Autre point fort, l’appareil, qui possède une autonomie de 30 minutes et une portée allant jusqu’à 30 kilomètres, est conçu pour résister au brouillage électronique et « opérer efficacement même dans des environnements hautement contestés (…) sans dépendre de signaux externes »
. Il se veut aussi furtif, grâce à de « faibles signatures visuelles et acoustiques »
.
Ce partenariat permet d’assurer une production française. Dans un contexte d’incertitudes internationales, ces engins polyvalents « offrent une réactivité optimale »
, une « sécurité d’approvisionnement renforcée
» et une « maîtrise industrielle nationale sur l’ensemble de la chaîne de valeur »
.











