- Fin mai, la ministre de la Santé Stéphanie Rist annonçait sur TF1 que deux traitements anti-obésité, Wegovy et Mounjaro, allaient bientôt être remboursés.
- Ils seront désormais pris en charge à 65% par l’Assurance maladie dès ce lundi 15 juin, selon des conditions strictes.
- Le coût annuel de ces deux médicaments est estimé à 100 millions d’euros de dépenses publiques.
Leur efficacité a conquis le monde entier. Le remboursement des deux médicaments anti-obésité Wegovy et Mounjaro démarre ce lundi 15 juin en France. Les conditions de prise en charge, assez strictes, présagent que nombre de patients devraient, dans l’immédiat, continuer à les payer par eux-mêmes, pour un coût mensuel aux alentours de 300 euros.
Qui sont les personnes éligibles ?
Wegovy et Mounjaro sont deux analogues du GLP-1, une classe de médicaments contrôlant la glycémie et faite pour perdre du poids. Ils seront désormais pris en charge à 65% par l’Assurance maladie pour les patients atteints d’obésité massive sans comorbidité, ou sévère avec comorbidité. Des nuances établies par les médecins de structures spécialisées dans l’obésité, qui seront capables d’établir la première prescription de ces médicaments injectables. De plus, l’ordonnance sécurisée devra s’accompagner d’un formulaire de prise en charge.
« Il faudra vraiment qu’on s’assure que les ordonnances sont parfaites »
, a prévenu auprès de l’AFP Eric Myon, un pharmacien parisien. Le secrétaire général de l’Union Nationale des Pharmacies de France (UNPF) essayait, encore cette semaine, de « récupérer la liste de tous les prescripteurs de Centres spécialisés de l’obésité (CSO) ou rattachés aux CSO (…) pour savoir quel médecin est vraiment prescripteur, primo-prescripteur, reconnu et validé »
. Seul réél changement attendu dans l’immédiat par ce professionnel : « À partir de lundi, tous les prix de ces GLP-1 seront identiques en France »
, explique-t-il, alors que jusque-là leurs prix variaient selon les officines.
Dans sa pharmacie, « une quinzaine de personnes par semaine »
n’hésitent pas à payer ces médicaments de leur poche. Donc à court terme, le pharmacien ne s’attend « pas à une évolution de la demande »
, étant donné que « les médecins ne vont pas pouvoir voir tous les patients voulus d’ici à l’été »
. Et, selon lui, les patients déjà traités qui ne rentrent pas dans les critères de prise en charge « vont continuer à les acheter »
.
Un million de personnes remboursées à hauteur de 300 euros par mois
Les règles autour de ce remboursement sont cependant assez contraignantes. En effet, la prise en charge à 65% des médicaments doit être combinée à une alimentation moins calorique et à une augmentation de l’activité physique. Mais comment vérifier que chaque patient suit bien son programme ? « Croyez-vous que des inspecteurs de la Haute autorité de santé iront vérifier que les gens font bien leur temps d’exercice chaque jour et qu’ils ont rempli correctement leur frigo ? »
, s’est insurgé auprès de l’AFP Pierre-Yves Geoffard, professeur à l’École d’Économie de Paris.
Interrogée sur TF1 le 28 mai dernier, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, indiquait que le remboursement de Wegovy et Mounjaro représentera un coût annuel d’une « centaine de millions d’euros »
pour l’Assurance Maladie en 2027, pour un prix d’environ « 300 euros par mois »
pour une population potentiellement éligible, estimée à un million de personnes.
Un marché de l’obésité qui grimpe en flèche
Un an et demi après le lancement de ces amaigrissants en France, le marché de l’obésité au sein de l’Hexagone pèse déjà plus de 150 millions d’euros. Une valeur multipliée par plus de 20 par rapport à 2024, selon des données du groupe Iqvia (nouvelle fenêtre). Les estimations évoquées par Stéphanie Rist restent donc assez prudentes, notamment lorsque l’on sait que depuis le lancement de Wegovy en octobre 2024, le nombre de boîtes vendues par mois a progressé de 23%.
Avec l’arrivée des versions en comprimés, la dynamique pourrait prendre encore plus d’ampleur. « Les autorités françaises vont-elles vouloir accélérer sur les formes orales, pour rapidement avoir un traitement de maintenance à un coût plus maîtrisable que les injectables ? »
, s’est interrogé Alexandre Fauconnier, du cabinet de conseil Kearney, questionné par l’AFP. Face à une forte attente, certaines mutuelles pourraient proposer une prise en charge plus large, notamment pour les personnes non éligibles au remboursement.











