La présidente de la Métropole de Lyon, Véronique Sarselli (LR), a annoncé samedi qu’elle retirait temporairement les délégations de Jean-Michel Aulas et de deux autres élus, après une plainte pour viol contre un ancien conseiller de ce dernier.
Dans un entretien au Progrès, Mme Sarselli explique devoir « garantir l’exemplarité et le fonctionnement de l’institution métropolitaine qui est plongée en plein malaise » et affirme avoir pris sa décision « en parfait accord » avec l’ex-patron de l’Olympique lyonnais.
« La loi ne me permet pas (…) de les démissionner et je n’en ai jamais eu la volonté », précise-t-elle au sujet de M. Aulas et de deux membres du groupe communautaire « Grand cœur lyonnais », Laure Cédat et Emmanuel Imberton.
Sollicités par l’AFP, M. Aulas et Mme Cédat n’ont pas donné suite dans l’immédiat.
Élue en mars à la présidence de la collectivité où elle a succédé à l’écologiste Bruno Bernard, Mme Sarselli avait réclamé jeudi, au lendemain de la révélation de cette affaire dans la presse, la mise en retrait des trois élus de leurs fonctions représentatives. Cet appel avait été rejeté par M. Aulas, premier vice-président de la Métropole depuis mars en vertu de son alliance électorale avec Mme Sarselli.
Vendredi cependant, l’ancien homme d’affaires s’est mis en retrait de son poste de principal opposant à la ville de Lyon, dirigée par l’écologiste Grégory Doucet, ce qui n’a pas empêché deux conseillers de quitter le groupe municipal « Cœur lyonnais », dont le maire LR du 2e arrondissement, Pierre Oliver.
Cette crise politique a éclaté après la révélation, mercredi, qu’une jeune militante engagée dans la campagne de Jean-Michel Aulas avait déposé plainte en mai, pour viol par soumission chimique, contre le directeur de la communication du candidat.
Selon sa plainte, les faits se sont produits en janvier dans une chambre d’hôtel et elle en a informé le candidat Aulas et certains de ses proches dès février. Selon son avocate, le mis en cause conteste « toute accusation ».
Dans Le Progrès samedi, Mme Sarselli déplore de ne pas avoir été « informée » de l’affaire sur le moment par M. Aulas et Mme Cédat. Elle leur reproche également de ne pas avoir signalé les faits à la justice et d’avoir « maintenu » en poste ce conseiller « jusqu’à la fin de la campagne ».
Dans un communiqué jeudi, les intéressés affirmaient avoir « clairement signifié » à la jeune femme qu’elle « pouvait déposer plainte, ce qu’elle n’a pas voulu faire dans un premier temps ». Et que l’ex-conseiller avait été tenu à l’écart du QG de campagne par la suite.
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