- L’homme de 39 ans a été condamné à quinze ans de réclusion criminelle.
- Cet ex-garde du corps avait filmé ses agissements et diffusé des clichés volés de sa compagne nue pendant près de huit ans.
Une nouvelle affaire de soumission chimique. Un homme de 39 ans, jugé à Lyon pour avoir violé et drogué sa compagne, a été condamné à quinze ans de réclusion par la cour criminelle du Rhône. L’individu avait notamment échangé avec Dominique Pélicot, condamné en décembre 2024 pour avoir drogué sa femme Gisèle afin de la violer et de la livrer à des dizaines d’inconnus entre 2011 et 2020, pour bénéficier de son « expérience ».
La peine prononcée contre l’ex-garde du corps est plus lourde que celle requise par l’avocat général, qui avait demandé 12 ans de réclusion criminelle. L’homme avait filmé ses agissements et diffusé des clichés volés de sa compagne nue entre 2015 et son interpellation en 2023.
Une audience publique
Lors de l’audience, l’avocat général, Michel Guides, a estimé que l’accusé avait « choséifié »
en « simple accessoire sexuel »
celle qui partageait sa vie pour la livrer « aux fantasmes pervers ».
La victime, une commerçante de 40 ans, a été « déshumanisée, traitée comme un objet »,
comme un « jouet »,
a fustigé de son côté devant la cour criminelle du Rhône son avocate, Me Julia Studient.
Au cœur de l’affaire, des vidéos, insoutenables, projetées à l’audience, où l’accusé, propos dégradants à l’appui, viole et agresse sexuellement sa compagne et mère de son fils, inerte. C’est « la dérive d’une sexualité fantasmée à une sexualité consommée »,
a poursuivi l’avocat général, qualifiant l’accusé de « prédateur sexuel »
au « comportement machiavélique ».
Citant Gisèle Pelicot, violée et droguée par son mari Dominique, il a tenu à « rendre hommage »
au courage de la plaignante, notamment pour son choix de rendre l’audience publique. « Chapeau bas, chapeau bas ! »
En début d’après-midi, l’accusé avait avoué avoir « à deux reprises, administré des cachets à sa compagne »,
un revirement par rapport à la veille où il avait fermement nié l’avoir « jamais droguée ».
L’enquête qui vise cet homme remonte à l’arrestation, en septembre 2020, de Dominique Pelicot. Dans une conversation en ligne retrouvée après son interpellation, ce dernier offrait ses conseils à l’accusé, se plaçant, comme l’a affirmé l’avocat général, « en gourou averti à ce nouvel adepte ».
De son côté, son avocat Me Gabriel Versini-Bullara a affirmé que Dominique Pélicot « n’existe pas dans ce dossier »,
réfutant le terme de « disciple »
et qualifiant son client de « pauvre mec, un pauvre type qui a des problèmes existentiels et sexuels ». « Je ne me reconnais pas dans ce que j’ai fait
« , a aussi répété l’accusé, d’une voix chevrotante avant de présenter ses excuses.











