François Bayrou n’est « pas candidat » à l’élection présidentielle, a-t-il déclaré à Paris Match, avant la sortie d’un livre (« Alerte sur la France qui vient », L’Observatoire, 18 juin) dans lequel il met à nouveau en garde sur la dette française et revient sur son expérience à Matignon.
« Je ne suis pas candidat. Pour plusieurs raisons. La première, c’est qu’ils le sont tous. En restant singulier, on peut dire des choses plus librement, et être plus utile au pays », explique le président du MoDem à l’hebdomadaire, publié mercredi.
Nommé Premier ministre en décembre 2024, François Bayrou a été renversé en septembre 2025 par l’Assemblée nationale, dont il sollicitait la confiance sur la question de la dette avant même l’examen du budget qu’il avait préparé.
« L’année prochaine, la totalité de l’impôt sur le revenu payé par les Français ne suffira pas à financer les intérêts de la dette. Et ceux que l’on sacrifie ainsi, ce sont les générations futures », déclare M. Bayrou.
Dans un entretien au Point, M. Bayrou explique qu’il n’aurait « jamais accepté de renoncer à la réforme des retraites » de 2023, « un échec national », comme l’a fait son successeur à Matignon Sébastien Lecornu.
Il reproche aux candidats à l’Elysée de n’avoir « pas un mot » sur la dette, « l’appauvrissement du pays » ou encore « la situation faite aux jeunes ».
Gabriel Attal a promis, lors d’un récent meeting, de résorber le déficit « en dix ans au plus tard », mettant par ailleurs en garde contre le risque de « fracture intergénérationnelle » entre les Français.
« Je veux laisser à mes enfants et petits-enfants une France dont les comptes sont sains et la dette maîtrisée », a de son côté déclaré Édouard Philippe lors de sa dernière réunion publique en mai à Reims.
Dans les colonnes du Point, interrogé sur un soutien éventuel au social-démocrate Raphaël Glucksmann, François Bayrou répond: « mais touche-t-il les Français ? Pas encore, à mon avis. Vous avez compris que je suis pas convaincu de l’actuelle offre politique ».
Il dit croire qu’une personnalité peut encore surgir dans la course présidentielle, « mais il faut quelqu’un qui ait l’expérience, une vision et de la crédibilité pour être chef de la diplomatie et des armées ».
M. Bayrou ne « croi[t] pas » que le Rassemblement national ait déjà sa place assurée au second tour. « N’oublions pas ce que le RN, comme Jean-Luc Mélenchon d’ailleurs, a dit sur la Russie et Poutine. Les Français veulent-ils au sommet de l’État des gens qui se sont trompés à ce point sur la plus grave des questions ? ».
Jean-Luc Mélenchon « est le seul qui ait une stratégie robuste ». « Désastreuse, dangereuse, gravissime, mais robuste. Il a choisi de mettre le feu à l’intérieur du pays en appuyant sur ses points les plus brûlants », estime M. Bayrou.
Il explique avoir « de l’admiration » pour Emmanuel Macron, même si « son potentiel a été supérieur à ses réalisations », et n’exclut pas un retour en politique du président après 2027.
Le fondateur du MoDem, qui a grandement contribué par son alliance à l’élection d’Emmanuel Macron en 2017, a récemment été battu aux élections municipales à Pau, ville qu’il administrait depuis 2014.
Par ailleurs, l’ancien Premier ministre sera à nouveau jugé du 9 septembre au 5 octobre en appel, dans l’affaire des assistants parlementaires européens du MoDem, deux ans et demi après sa relaxe en première instance, dossier dans lequel une dizaine de prévenus avaient été condamnés.
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