Une alliance menée par Airbus doit être officialisée jeudi à Berlin pour développer un avion de combat de sixième génération, alternatif au SCAF, projet franco-allemand enterré lundi par Friedrich Merz et Emmanuel Macron.
« Une cérémonie officielle de signature » des huit entreprises volontaires pour participer au projet aura lieu « jeudi, dans le cadre du salon aéronautique ILA à Berlin », a indiqué à l’AFP une porte-parole du constructeur européen Airbus.
L’annonce intervient alors que l’Allemagne et le reste de l’Europe sont engagés dans un vaste plan de réarmement pour notamment faire face à la Russie, jugée menaçante, et se défaire de leur dépendance à l’égard de l’imprévisible allié américain.
Le projet, impulsé par l’Allemagne, représente une alternative au projet franco-allemand-espagnol d’avion du futur, SCAF, enterré lundi du fait des tensions entre les deux principaux constructeurs, le français Dassault et l’européen Airbus.
La nouvelle alliance, menée par Airbus, a soumis ses idées au ministère allemand de la Défense en début de semaine, qui ne s’est pas encore prononcé sur le projet.
« De plus amples informations seront communiquées par les entreprises partenaires lors de la cérémonie officielle de signature », a indiqué une porte-parole d’Airbus à l’AFP.
En plus du constructeur aéronautique, l’alliance réunit le missilier européen MBDA et six entreprises allemandes: Hensoldt, spécialisé dans l’avionique, le groupe de défense Diehl, le fabricant de moteurs MTU Aero Engines, les constructeurs d’équipements aéronautiques Liebherr et Autoflug ainsi que le spécialiste de technologies électroniques Rohde & Schwarz.
– Dissuasion –
Les contours de ce projet d’avion de sixième génération ont été dévoilés dans un document d’orientation, que s’est procuré l’AFP.
Le document qui doit être signé jeudi par les huit entreprises affirme que l’avion du futur et l’écosystème autour d’armements auront pour objectif d’éviter un conflit par la dissuasion.
L’alliance espère obtenir des commandes du gouvernement allemand cette année. Elle appelle Berlin à « une passation de contrats complète et en temps voulu pour le second semestre 2026 ».
Le document marque l’urgence pour l’industrie allemande d’innover, après l’échec du projet d’appareil franco-allemand, qui impliquait nombre d’entreprises allemandes et leurs fournisseurs.
– D’autres options –
Mardi, le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, avait déclaré que le nouveau projet était « envisageable » et qu’il était une des possibilités » étudiées par Berlin.











