La production industrielle allemande est repartie légèrement à la hausse en avril pour la première fois depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, selon des données officielles publiées mardi, mais les analystes avertissent que ce rebond d’un mois masque une réalité bien plus sombre pour la première économie européenne.
Selon l’office fédéral de la statistique, Destatis, la production a augmenté de 0,4 % en avril par rapport au mois précédent, portée principalement par le secteur de la construction.
Cette évolution met fin à une série de reculs qui remontait à novembre dernier, mais rares sont ceux qui y voient un véritable tournant.
Selon Carsten Brzeski, responsable mondial de la recherche macroéconomique chez ING, dans une note publiée mardi, le chiffre d’avril est « tout simplement insuffisant », la production ayant en fait stagné sur les quatre premiers mois de 2026 et restant encore environ 12 % en deçà de son niveau d’avant la pandémie.
Le chiffre global a été soutenu par une hausse encourageante de l’activité dans la construction, en progression de 2,4 % d’un mois sur l’autre.
Les exportations ont également créé la surprise à la hausse, gagnant 0,9 % par rapport au mois précédent, après 0,5 % en mars, même si l’excédent commercial a peu bougé, les importations augmentant encore plus rapidement.
Ce qui apparaissait encore il y a quelques mois comme les bases d’une année prometteuse, avec un moral en amélioration, des carnets de commandes qui se remplissaient et une impulsion budgétaire majeure en faveur de la défense et des infrastructures sous la houlette du chancelier Friedrich Merz, a de nouveau laissé place au doute.
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L’arrière-plan des chiffres d’avril est particulièrement sombre.
Selon les analyses d’ING, l’Allemagne reste l’un des plus grands importateurs nets d’énergie d’Europe, environ 6 % de ses importations de pétrole provenant de pays du Moyen-Orient, tandis que les industries à forte intensité énergétique, qui emploient près d’un million de personnes, représentent environ 17 % de la valeur ajoutée brute industrielle.
Le conflit a fait flamber les prix de l’énergie, l’inflation en Allemagne étant montée à 2,9 % sur un an en avril, son plus haut niveau depuis janvier 2024, sous l’effet de prix de l’énergie plus de 10 % supérieurs à ceux d’il y a un an.
En avril, le gouvernement allemand a revu de moitié sa prévision de croissance pour 2026 et n’anticipe plus qu’une hausse de 0,5 % du PIB.











