Apple a dévoilé lundi la refonte de son assistant Siri transformé en intelligence artificielle (IA) conversationnelle, contraint toutefois de l’adosser à la technologie de son rival Google, deux ans après l’échec d’une première tentative en interne.
Attendu pour l’automne (sauf en Chine et en Europe pour cause de régulations), l’assistant d’Apple, renommé SiriAI, permettra de déléguer la rédaction d’emails, de rechercher à travers les applications ou de laisser l’outil interpréter ce qui s’affiche sur l’écran.
L’assistant, qui nécessite des appareils récents dotés des puces Apple, s’appuie sur une adaptation maison des modèles Gemini de Google, accroissant la dépendance du géant de Cupertino envers son voisin de Mountain View.
Apple, qui a fait de la confidentialité des données un argument commercial central, contrairement à Google, a insisté à plusieurs reprises dans sa présentation sur le fait que ces fonctions IA tournent uniquement dans son écosystème sécurisé.
La présentation, comme à l’habitude pré-enregistrée, a marqué la dernière apparition du patron d’Apple, Tim Cook, en ouverture de la conférence annuelle des développeurs (WWDC): « ce fut l’honneur d’une vie », a déclaré en conclusion celui qui cédera la direction générale au 1er septembre à John Ternus, responsable de l’ingénierie matérielle.
Quelques minute avant la diffusion de la « keynote », Tim Cook est venu saluer une dernière fois la communauté des développeurs réunie à Apple Park, essuyant une larme sous une salve d’applaudissements, a constaté un journaliste de l’AFP.
Il y a deux ans, lors de la même conférence, Tim Cook avait annoncé qu’Apple franchissait un cap majeur pour intégrer massivement l’IA générative, dans le sillage de la frénésie qui avait saisi le secteur depuis la sortie de ChatGPT.
Mais le déploiement n’a jamais eu lieu: la très attendue refonte de l’assistant vocal Siri, vantée dans les publicités du groupe, ne s’est jamais concrétisée, valant à Apple un recours collectif de clients américains, qu’il a accepté de régler cette année pour 250 millions de dollars.
– Pari –
Le retard pris par Apple dans la course à l’IA n’est pas rédhibitoire pour nombre d’analystes: fort de plus de 2,5 milliards d’appareils actifs, Apple pourrait tirer son épingle du jeu une fois les usages grand public de l’IA arrivés à maturité.
« Apple fait un pari énorme sur l’IA: ne pas avoir besoin de dépenser des centaines de milliards par an en infrastructures d’IA (…) pour en récolter les fruits », écrit John Gruber, commentateur très suivi.











