Les Mozambicains venus dans le pays avaient fait de l’Afrique du Sud leur nouvelle patrie. Certains y résident depuis des décennies, d’autres y sont nés aujourd’hui, ils sont forcés de fuir face aux violences xénophobes, comme le rapportent Clothilde Hazard avec Orfeu Lisboa, envoyé spécial de la rédaction lusophone de RFI au poste frontière de Ressano Garcia, entre l’Afrique du Sud et le Mozambique.
Les immigrés sans papiers ne sont pas les seuls concernés, souligne Silva Valoi, rentré au Mozambique avec un simple sac à dos. « Ils disent qu’ils sont contre les immigrés illégaux, mais j’ai un passeport valide ici avec moi ».
D’autres décrivent la peur des derniers jours et la violence des manifestants anti-immigration, qui les ont forcé à rejoindre le Mozambique, pour sauver leurs vies, comme cette femme : « C’est très triste parce que là-bas, ils disent qu’ils ne veulent plus d’étrangers, qu’on leur prend leurs emplois, ce genre de choses. Quand ils trouvent quelqu’un qui est étranger, ils le tuent, ils brûlent sa maisons, ils pillent. Donc nous revenons sans rien, sans papiers, ni rien ».
Les autorités mozambicaines assurent que tout est mis en oeuvre pour accueillir ces ressortissants dans les meilleures conditions possible. Mais l’opposant Augusto Pelembe, présent sur place, dénonce les raisons qui ont poussé ces hommes et ses femmes, à considérer l’Afrique du Sud comme un Eldorado. « Que faisons-nous depuis l’indépendance pour que nos jeunes aient de meilleures opportunités économiques ? S’il y avait des emplois pour les jeunes dans notre pays, aucun Mozambicain ne préférerait aller en Afrique du Sud. Aucun Mozambicain ne préférerait aller souffrir en Afrique du Sud ».
Selon les autorités mozambicaines, au moins 9 personnes ont perdu la vie dans les violences xénophobes en Afrique du Sud. De leur côté, les autorités sud-africaines affirment que deux Mozambicains sont morts lors d’attaques sur leur territoire. Le Mozambique devrait rapatrier un millier de personnes par la route, alors que 600 autres ont déjà traversé la frontière, de leur propre chef.
Rapatriement de ressortissants nigérians
Le recensement des Nigérians attendant leur évacuation d’Afrique du Sud a débuté le 4 juin et devraient s’achever ce samedi 6 juin. Le nombre de personnes à rapatrier sera connu à l’issu de ce décompte, mais le ministère des Affaires étrangères nigérian dit s’attendre à accueillir au moins 1 000 personnes, peut-être le double, voire plus.
La Haute Commission du Nigeria a Pretoria a indiqué dans une note d’information datée du 2 juin dernier que « les dates de départ des ressortissants ayant passé avec succès la procédure de sélection seront communiquées » ultérieurement. La Haute Commission précise avoir « négocié avec les autorités sud-africaines des dérogations pour toutes les infractions liées à l’immigration ». Les Nigérians sans papiers qui se présenteront au contrôle ne seront « ni arrêtés, ni placés en détention (…) et ce jusqu’à leur départ » précise cette communication.
Cette semaine, le gouvernement malawite a annoncé qu’il aiderait également ses citoyens à quitter l’Afrique du Sud prochainement, alors que le Ghana a évacué près de 300 de ses ressortissants la semaine dernière et devrait affrêter un nouveau vol prochainement.
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