- Les résultats du 16ᵉ baromètre « État de santé psychologique des salariés français », réalisé par le sondeur Ipsos BVA, montrent que de mauvaises conditions de travail fragilisent la santé mentale des salariés.
- Une majorité d’entre eux reste en quête de reconnaissance et éprouve le besoin de trouver un sens à leur travail.
Accélération des rythmes de travail, manque de dialogue ou d’implication dans les choix stratégiques de l’entreprise… « La détresse psychologique des salariés atteint son niveau le plus élevé depuis le Covid »
, prévient d’emblée l’étude réalisée par le sondeur Ipsos BVA pour le cabinet Empreinte humaine*. L’enquête, menée par Internet en mai dernier auprès de 2.000 salariés par la méthode des quotas, montre que la moitié d’entre eux présente un signe de détresse psychologique.
« Cette proportion constitue le plus haut niveau observé depuis le lancement du baromètre en 2020, au moment de la crise sanitaire du Covid-19 »
, s’inquiète le cabinet. Plus de huit personnes concernées sur dix (83%) relient cet état à leur travail. La situation reste particulièrement préoccupante chez les moins de 30 ans, les femmes et les employés.
L’enquête révèle un malaise profond sur les conditions d’exercice du travail. Plus de la moitié des salariés interrogés (51%) affirment avoir de moins en moins de temps pour effectuer un travail de qualité. « Plus largement, beaucoup ont le sentiment d’être devenus de simples exécutants, au détriment du sens et de la fierté au travail »
, regrette Christophe Nguyen, président d’Empreinte humaine et psychologue du travail et des organisations. Une part importante de salariés reconnaît faire le strict minimum dans leur travail et se dit prête à quitter son organisation.
Un risque de burn-out très élevé
Le baromètre met également en évidence un niveau de vulnérabilité toujours élevé des salariés : 32% des personnes interrogées sont en risque de burn-out. Empreinte Humaine y voit une « stabilisation à un niveau élevé »
qui traduit une « exposition chronique aux risques psychosociaux depuis plus de six ans »
. Le cabinet assure que le risque de burn-out sévère a doublé par rapport à 2019.
D’après Empreinte humaine, les salariés n’évoluent pas dans un climat de sécurité psychologique élevé, ils se sentent isolés ou sans soutien dans leur travail. Ils attendent de la reconnaissance : « Consultation avant les décisions qui touchent à leur travail, remerciements spontanés et feedbacks réguliers. Le décalage entre reconnaissance souhaitée et reconnaissance vécue demeure important. Ces conditions de travail dégradent la santé mentale »
, déplorent les responsables de l’étude.
Pour le cabinet, les entreprises doivent miser sur la prévention. Christophe Nguyen encourage les entreprises à parler sans tabou de santé psychologique au travail, à libérer du temps pour la prévention ou fixer les objectifs en tenant compte du bien-être des équipes.
*Enquête menée par Ipsos BVA par Internet, du 4 au 18 mai 2026, auprès de 2.000 salariés français. La représentativité de l’échantillon est garantie par la méthode des quotas, appliquée sur les variables suivantes : genre, âge, région, catégorie socioprofessionnelle, secteur d’exercice, taille d’entreprise et entreprise public/privé. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne sur système CAWI. La marge d’incertitude est de 2,2 points au plus pour un échantillon de 2 000 répondants.











