- Lyhanna, 11 ans, est toujours recherchée, cinq jours après sa disparition, le 29 mai 2026 dans le Gers.
- Jérôme B., père de l’une de ses amies, a été mis en examen pour « enlèvement et séquestration » dans cette affaire.
- Ce mercredi, la procureure de la République d’Auch a confirmé que le mis en cause avait été visé par plusieurs plaintes et signalements au cours des dernières années.
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L’inquiétante disparition de Lyhanna, 11 ans, dans le Gers
À mesure que les jours passent, le passé de Jérôme B. ressurgit. Alors que les parents de Lyhanna, 11 ans, demeurent « dans la plus grande inquiétude »
après que leur fille a disparu, le 29 mai à Fleurance (Gers) et n’a pas été retrouvée, de nouvelles informations ou confirmations sont apportées chaque jour au sujet du mis en cause dans cette affaire.
À l’occasion d’une conférence de presse ce mercredi, la procureure de la République d’Auch a ainsi confirmé les informations qu’avait recueillies plus tôt la rédaction de TF1-LCI, à savoir que Jérôme B., mis en examen lundi dernier pour l’enlèvement et la séquestration de Lyhanna, avait fait ou faisait l’objet de plusieurs plaintes pour des faits à caractère sexuel. « Trois procédures impliquant le mis en examen ont été identifiées par mon parquet »
, a indiqué la magistrate, avant de les citer chronologiquement.
Une « relation consentie » avec le mis en cause
Ainsi, c’est en décembre 2017 qu’un premier renseignement judiciaire a été établi par la gendarmerie auprès du parquet d’Auch.
« La gendarmerie a été saisie en décembre 2017 par la mère d’une jeune fille de 17 ans venant de découvrir que sa fille entretenait une relation depuis quelques mois avec un homme majeur. La jeune fille évoquait alors une relation consentie. Au regard de l’âge de cette jeune fille, aucune infraction n’était susceptible d’être caractérisée. En effet, son âge, 17 ans au moment des faits, ne permet pas de présumer une absence de
consentement
«
, a souligné la procureure.
« Ce renseignement judiciaire a donc fait l’objet d’un classement sans suite par mon parquet en février 2018 »,
a-t-elle précisé.
Une mineure de 7 ans indique avoir été violée par le suspect
Six ans plus tard, en janvier 2024, une procédure mettant en cause Jérôme B. est arrivée au parquet d’Auch à la suite du dessaisissement du parquet de Béthune dans une autre affaire compte tenu du lieu des faits et du domicile du mis en cause.
« Cette procédure avait été ouverte à la suite d’une plainte déposée au commissariat de Béthune en 2022 pour des faits de ‘viols sur mineure de 15 ans’ commis courant 2020 à Montestruc-sur-Gers au domicile du mis en cause »,
a détaillé Clémence Meyer. C’est une mineure née en 2013 qui, dans ce dossier, a dénoncé des faits de « viol ».
« Les actes d’enquête diligentés, notamment le rapport d’examen médico-légal, l’examen psychologique et les témoignages recueillis, n’ont pas permis d’étayer suffisamment ces déclarations »,
a fait savoir la magistrate avant de préciser qu’encore une fois, cette procédure avait été classée sans suite le 28 mai 2024 pour le motif que l’infraction était « insuffisamment caractérisée ».
« Pour que le parquet puisse poursuivre une infraction pénale, il est juridiquement nécessaire que l’infraction soit caractérisée en tous ses éléments et que l’enquête établisse des charges suffisantes. Il a été considéré dans cette affaire que ces éléments faisaient défaut »,
a justifié la magistrate.
Des informations appuyées par Étienne Thieffry, le procureur de Béthune, à TF1/LCI. Selon ce dernier, « un signalement du conseil départemental concernant des faits de viol sur mineur a été adressé au parquet de Béthune le 18 octobre 2022. Des instructions d’enquête ont été délivrées le même jour au commissariat de police de Béthune »,
avant que ce parquet ne se dessaisisse au profit du parquet d’Auch.
Une mineure violée pendant des mois chez le suspect ?
Concernant la plainte pour « viols » déposée en août 2025, Clémence Meyer a rappelé que c’est la mère d’une mineure née en 2014 qui l’avait déposée le 22 de ce mois. Cinq jours plus tard, le 27 août 2025, l’enfant a été entendue et a dénoncé des faits de viols qui auraient été commis sur sa personne par le mis en cause entre septembre 2024 et mai 2025 au domicile de ce dernier dans le Gers, selon la procureure.
« Les examens médico-légaux et psychologiques ont été réalisés en septembre et octobre 2025. En octobre 2025, le parquet de Toulouse s’est dessaisi de la procédure au profit du parquet d’Auch en raison du lieu de commission des faits dans le Gers. Le 9 janvier 2026, la procédure a été adressée par le parquet d’Auch à la gendarmerie de Lectoure pour poursuite de l’enquête. Le 23 janvier 2026, une attache téléphonique a été actée entre la gendarmerie et le parquet d’Auch, au terme de laquelle il a été prescrit par le magistrat du parquet un certain nombre d’actes d’enquête complémentaires, notamment un complément d’audition de la mère de la mineure, des auditions de témoins et des réquisitions téléphoniques »
, a informé la magistrate alors que le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez avait indiqué plus tôt avoir décidé, avec le ministre de la Justice « de diligenter une enquête administrative, qui sera confiée à l’Inspection générale de la justice, à l’Inspection générale de la gendarmerie nationale pour identifier évidemment d’éventuels dysfonctionnements ».
Selon la procureure, il « était prescrit à l’issue de ces actes d’enquête un placement en garde à vue du mis en cause pour audition ». « Je tiens à préciser que dans le cadre d’une enquête pénale, l’audition du mis en cause est toujours le dernier acte d’enquête à effectuer après que l’ensemble des autres investigations ont été réalisées »,
a-t-elle expliqué alors que les critiques fusent sur les délais dans cette affaire. « Cette enquête était en cours au moment de la disparition de Lyhanna »
, a-t-elle ajouté.
Un licenciement suite à une « relation inappropriée »
Par ailleurs, dimanche dernier, 31 mai, deux jours après la disparition de Lyhanna, le dirigeant d’un établissement scolaire s’est manifesté auprès de la gendarmerie pour signaler que Jérôme B. avait fait l’objet d’un licenciement en 2020 alors que l’intéressé était employé par la région Occitanie comme agent d’entretien. « Ce licenciement a été initié en raison d’une relation inappropriée avec une lycéenne »
, a spécifié la procureure.
« Des vérifications urgentes sont en cours pour savoir si ces faits ont donné lieu à un signalement aux autorités judiciaires »
, a-t-elle dit avant d’ajouter : »En l’état, aucune procédure judiciaire en lien avec l’événement n’a pu être identifiée au sein de mon parquet ».
Une nouvelle plainte déposée pour « viol » sur mineure
Enfin, Clémence Meyer a confirmé qu’une troisième plainte avait été déposée ce mercredi matin à l’encontre de Jérôme B. pour « viol sur mineure ». À 17 h, heure de la conférence de presse, la magistrate n’avait pas pris connaissance de cette plainte « dans l’entièreté de ses détails ».
et n’a donc pas pu donner d’éléments « sur le contexte et la nature des faits dénoncés ».
Selon les informations de TF1-LCI, la plainte a été déposée par un père de famille qui dénonce des attouchements sur sa fille de 11 ans en août 2025, lors d’une soirée pyjama chez Jérôme B. Le plaignant dit avoir appris en mars 2026 par le foyer dans lequel vit sa fille, qu’elle aurait signalé des attouchements lors de cette soirée. Il voulait porter plainte tout de suite mais a indiqué avoir dû attendre en raison de démarches préalables avec le foyer.
La mère de Lyhanna, Charly Rameau, a aussi fait part d’éléments troublants qu’aurait rapportés sa fille après une soirée pyjama en début d’année chez son amie, fille de Jérôme B. « Elle nous avait dit qu’il s’était amusé à lui faire des chatouilles, qu’il avait pas mal joué avec elle. On a demandé si ça avait été plus loin. Elle nous a regardés un peu choquée, sans trop comprendre de quoi on parlait. Elle m’a dit que non, qu’il avait juste joué avec elle, comme un papa qui jouerait avec sa fille »
, a-t-elle expliqué il y a quelques jours.
Au regard de toutes ces affaires, un regroupement des différentes enquêtes en cours est envisagé « afin de les traiter à la lumière les unes des autres ».
« Il est également envisageable que la procédure qui avait fait l’objet d’un classement sans suite en 2024 soit aussi réexaminée à la lumière des événements récents pour envisager une reprise des investigations »,
a conclu Clémence Meyer face aux journalistes.











