Le ciel est gris au-dessus de la tête des Écologistes à moins d’un an de l’élection présidentielle. La primaire des « unitaires », défendue par la secrétaire nationale Marine Tondelier, a toutes les peines du monde à aboutir, celle-ci restant suspendue au Parti socialiste d’Olivier Faure, favorable au processus mais qui rencontre en revanche le scepticisme de son opposition interne.
Dans le reste de la gauche, les deux figures qui se distinguent dans les sondages tracent leur route: Jean-Luc Mélenchon est déjà sur les rails tandis que Raphaël Glucksmann fait certes durer le suspense, mais avance ses pions, lorgnant le soutien du PS sans passer par la case primaire.
Dans ce contexte, la députée écologiste Sandrine Rousseau, opposée à Marine Tondelier en interne, affiche ses craintes à l’occasion d’une interview pour Libération ce vendredi 29 mai.
« Nous perdrions notre âme »
Plus précisément, l’ex-finaliste de la primaire 2021 des Écologistes pour la présidentielle « redoute » un scénario. « C’est celui où l’on continue d’avancer sans se poser de questions, en maintenant la candidature de Marine Tondelier même en l’absence de primaire, et où à la fin elle finit par se rallier en urgence aux socialistes avec Raphaël Glucksmann. »
Impossible pour Sandrine Rousseau d’adhérer à une telle hypothèse. « Nous perdrions alors notre âme en plus de notre groupe à l’Assemblée. Pour moi, ce cas de figure est inacceptable. À titre personnel, je ne soutiendrai jamais Raphaël Glucksmann au premier tour », prévient celle qui porte une ligne assez proche de celle des insoumis.
En cas d’échec de la primaire, Sandrine Rousseau préconise de mettre le soutien des Écologistes « en balance dans des négociations pour rallier un candidat contre un accord législatif solide, une capacité à créer une dynamique forte à gauche au premier tour, susceptible de rassembler au second ».
Aussi, l’élue verte appelle à réaffirmer « une évidence », selon elle: « l’écologie n’est pas compatible avec un système capitaliste libéral. »
Au contraire, celle-ci est « profondément antilibérale, redistributive et non productiviste », poursuit Sandrine Rousseau. Une autre manière de dire qu’elle ne soutiendra pas un candidat issu de la social-démocratie, alors que François Hollande et Bernard Cazeneuve pourraient aussi se lancer officiellement dans la course dans les prochains mois.
Article original publié sur BFMTV.com











