Les Etats-Unis et l’Iran cherchent à finaliser un accord pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient, le secrétaire d’Etat américain évoquant une possible « bonne nouvelle » dimanche.
Après plus d’un mois de conflit qui a fait des milliers de morts, un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril entre l’Iran et les Etats-Unis, mais l’économie mondiale continue d’être secouée par le quasi blocage du stratégique détroit d’Ormuz.
« Je pense qu’il est peut-être possible que, dans les prochaines heures, le monde reçoive une bonne nouvelle », a déclaré Marco Rubio à des journalistes, en marge d’un déplacement en Inde.
Le président américain Donald Trump avait précédemment évoqué un compromis « largement négocié » qui prévoirait la réouverture d’Ormuz, bloqué de facto par Téhéran depuis le début de la guerre, déclenchée par l’attaque israélo-américaine contre l’Iran le 28 février.
Selon les médias américains, cet accord permettrait aux navires de franchir à nouveau Ormuz, passage par lequel transitait un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde avant le conflit.
Des sources iraniennes au fait des négociations, citées par l’agence de presse Fars, affirment que l’accord prévoit bien un déblocage du détroit mais que ce dernier resterait contrôlé par l’Iran.
– Quid du nucléaire ? –
Selon CBS News, qui cite des sources proches des discussions, la dernière proposition comprendrait également le dégel de certains actifs iraniens dans des banques à l’étranger et la poursuite des négociations pour 30 jours supplémentaires.
A ce sujet, l’Iran a souligné qu’il n’y aurait aucun accord à moins qu’une partie de ses avoirs gelés ne soit libérée dès la première étape et qu’un mécanisme clair ne soit établi pour garantir la libération des autres fonds bloqués, selon une « source informée » citée par l’agence de presse Tasnim.
Selon elle, si aucun accord définitif n’a encore été trouvé, c’est notamment en raison des désaccords sur ce dossier.
Fars rapporte elle que les sanctions visant le pétrole, le gaz et autres produits pétrochimiques seraient également levées le temps de la poursuite des négociations afin de permettre à l’Iran d’exporter ces productions, primordiales pour son économie.
L’accord discuté ne semble pas régler en revanche la question nucléaire.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a laissé entendre samedi que ce sujet ne faisait pas partie « à ce stade » de l’accord en discussions et qu’il serait abordé lors de « discussions séparées ».
Pourtant, un responsable israélien a soutenu dimanche que M. Trump avait assuré au Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu que tout accord avec Téhéran prévoirait le démantèlement du programme nucléaire iranien, et le transfert du stock d’uranium hautement enrichi hors du pays.
« Nous sommes toujours prêts à assurer au monde entier que nous ne cherchons pas à nous doter d’armes nucléaires et que nous ne voulons pas provoquer d’instabilité dans la région » du Moyen-Orient, a affirmé dimanche le président iranien Massoud Pezeshkian, interrogé par la télévision d’Etat.
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur dans ces négociations, a alimenté dimanche le scénario d’une résolution du conflit en plusieurs temps, en déclarant espérer « accueillir très prochainement la prochaine séance de négociations ».
Une première séance de pourparlers, infructueuse, s’était tenue à Islamabad le 11 avril.
– Diversion ? –
Des médias américains ont relevé des stratégies divergentes entre MM. Trump et Netanyahu, le premier poussant pour une solution diplomatique tandis que le second souhaiterait reprendre les combats.
Le projet d’accord « ressemble à une victoire pour l’Iran. Mais Téhéran n’est pas convaincu que ce n’est pas une répétition générale pour une guerre, maintenant ou dans 30 jours. En fait, plus les termes de l’accord seront généreux envers l’Iran, plus l’Iran soupçonnera les Etats-Unis de ne pas vouloir sérieusement la paix, et de faire diversion avant une nouvelle offensive », a estimé sur X Vali Nasr, professeur en relations internationales à l’université américaine Johns Hopkins.
L’armée iranienne a conservé un ton belliqueux dimanche. « Nous sommes en état de guerre et toutes nos forces armées sont pleinement préparées (…) à affronter tout ennemi », a déclaré le chef du commandement des forces armées, Ali Abdollahi, lors d’une rare apparition en public dans la principale mosquée de Téhéran, selon l’agence Tasnim.
L’apparent rapprochement des belligérants est intervenu après des semaines de blocages et de menaces.
Sur le front libanais, l’armée israélienne a appelé dimanche à l’évacuation d’une dizaine de villages dans le sud et l’est du Liban, avant de nouvelles frappes prévues contre le Hezbollah pro-iranien, malgré la trêve en cours.
Onze personnes, dont six femmes et un enfant, avaient été tuées samedi dans une frappe israélienne dans le sud du pays, selon le ministère de la Santé.
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