Il y a quelques mois, Emmanuel Macchia était un étudiant en architecture du paysage. Samedi, ce jeune Belge de 20 ans a décroché le prix d’interprétation à Cannes avec le Français Valentin Campagne, 22 ans, avec qui il partage l’affiche de « Coward » de Lukas Dhont.
« C’est totalement fou », avait-il déclaré jeudi à l’AFP avant la projection à Cannes de ce film sur une passion cachée entre deux jeunes soldats, dans le chaos des champs de bataille belges de la Grande Guerre.
Emmanuel Macchia n’avait jamais fait de théâtre ou joué dans un film et sa vie a été « intrinsèquement changée » par le tournage.
« C’était vraiment un autre monde, une découverte. J’ai essayé de reprendre mes études en architecture mais c’était impossible », dit-il.
« J’espère vraiment que ce film va permettre à des jeunes hommes, des jeunes filles, des jeunes personnes vraiment à pouvoir s’aimer eux-mêmes », a-t-il déclaré en recevant son prix à Cannes.
– Magnétique –
Sa présence magnétique à l’affiche de « Coward », troisième film du Belge Lukas Dhont, tient au hasard qui lui a fait croiser la route du réalisateur et de son directeur de casting, qui arpentaient les abords de son école d’architecture, en quête de leur premier rôle.
« Ca m’a fait rire de les voir tous les deux dans cet endroit perdu. Ils m’ont vu sourire et ils sont venus me parler du film », se souvient-il.
Trois mois ont ensuite été nécessaires pour entrer dans la peau de Pierre, jeune appelé que le fracas de la guerre et l’attirance pour Francis (Valentin Campagne) poussent à intégrer ces groupes de soldats qui étaient chargés de distraire les troupes en montant de petits cabarets près du front.
« On a eu deux jours de service militaire, des cours d’histoire, de danse, de chant, des entraînements avec des chevaux militaires », rembobine Emmanuel Macchia, qui savait peu de choses sur la guerre de 14-18 et encore moins sur ces soldats qui se travestissaient et chantaient pour distraire les troupes.
A ses côtés, Valentin Campagne, 22 ans, a lui déjà joué dans quelques films et avait déjà connu la compétition cannoise en 2025 avec « Dosssier 137 » de Dominik Moll.
Dans « Coward », il interprète un meneur de revues qui tente de faire oublier les horreurs de la guerre et tombe amoureux d’un autre soldat.
« J’ai juste envie de passer ce message que c’est possible d’être maladroit, de ne pas comprendre les autres. Je tiens à rappeler l’importance de danser, de vivre, d’aimer », a-t-il déclaré samedi soir en recevant ce prix.
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