Avec notre correspondante à Madagascar, Aurélie Kouman
Une allée saturée, où marchands, piétons et voitures se disputent le moindre mètre carré… Analakely, est le « poumon commercial » d’Antananarivo et le symbole de son désordre urbain. C’est ici que la commune urbaine déploie son nouveau dispositif. L’objectif : dégager les rues, encadrer les transports, et imposer ce qu’elle appelle la discipline.
Explications du vice-président de la mairie, Ranaivoson Ny Hery Mananjara : « Il y a beaucoup de marchands qui sont au milieu de la route, beaucoup de « taxi-be » (« grand taxi ») qui ne respectent pas le cahier des charges. L’assainissement, c’est pour nettoyer la ville et garder le bon fonctionnement des marchands et des « taxi-be » en même temps. Je ne sais pas pourquoi ça n’a pas marché avant, mais nous, on a notre méthode et notre stratégie. »
À chaque fois, les marchands reviennent
Ce n’est pas la première fois que la ville tente de reprendre le contrôle. Et à chaque fois, les marchands reviennent. Andry vend des téléphones d’occasion à la Petite-Vitesse depuis quinze ans. Il a déjà été délogé : « Réorganiser, c’est bien, mais il faut trouver une alternative, car c’est notre gagne-pain. Si on nous chasse d’ici, on n’aura plus de place pour vendre, nous n’avons pas les moyens de louer des box dans les centres commerciaux. Autrefois, on a dû quitter cet endroit pendant cinq mois. Mais nous tenons à cet endroit, car les affaires marchent bien ici. C’est le centre-ville ! »
La ville se donne dix jours pour dégager les principales artères, et un mois pour installer de nouveaux feux tricolores. Au total, les 39 marchés de la capitale doivent être réorganisés. Reste la question des marchands informels : une place de repli leur a été proposée, mais jugée – pour l’instant – insuffisante.
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