Avec notre correspondante à Addis Abeba, Marlène Panara
Reçu au siège de l’Union africaine, Emmanuel Macron y prononce ce mercredi 13 mai un discours, une première pour le président français. Lors de sa précédente visite au siège de l’Union africaine en 2019, il s’était exprimé seulement lors d’une conférence de presse. Au programme également, une réunion tripartite avec Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies et Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’UA, pour parler des crises que traversent le continent. De la situation au Mali ou encore, de la guerre au Soudan. Dans un autre domaine, il y sera aussi question du développement des énergies renouvelables.
Questions économiques
Avec le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, Emmanuel Macron prévoit de parler économie. En février, les deux pays ont signé un accord de restructuration de la dette ainsi qu’un nouveau programme de financement de 81 millions d’euros, pour soutenir le programme de réformes macroéconomiques en cours en Éthiopie. Selon le ministère éthiopien des Finances, le partenariat franco-éthiopien représente désormais plus de 600 millions d’euros d’investissements, dont plus de 300 millions sont consacrés au secteur de l’énergie.
Le sommet Afrique-France de Nairobi au Kenya a posé aussi posé la question de l’influence de la France en Afrique de l’Est et dans la Corne. Sur le plan militaire, Paris s’y déploie, à mesure que sa présence dans les pays du Sahel et d’Afrique de l’Ouest s’érode. Depuis 2019, une mission militaire française est mobilisée en Éthiopie. L’une de ses missions est de former la marine éthiopienne, alors même que le pays n’a pas d’accès à la mer.
Accord militaire
Dans le quartier de Sidist Kilo, au nord d’Addis Abeba, une réplique d’un navire militaire trône fièrement devant le bâtiment qui abrite la Marine éthiopienne. Depuis 2019, un accord de coopération signé avec Paris encadre la formation de ses soldats par l’armée française. Gelé dès les premières semaines de la guerre au Tigré fin 2020, il a été rétabli début 2023, après la signature de l’Accord de paix de Pretoria.
Objectif, pour la France : disposer d’un allié dans le détroit de Bab-el-Mandeb en mer Rouge, et concurrencer la Russie. La marine éthiopienne, de son côté, bénéficie avec cet accord de formations de sécurité dispensées sur place par les militaires français, ou en mer, à bord de navires militaires sur les bases de Toulon ou Brest.
Sébastien Pellissier, attaché de défense de la France à Addis Abeba, assure que cet accord pourrait une fois de plus être suspendu en cas de nouveau conflit. Car ces derniers mois, les tensions entre l’Érythrée et l’Éthiopie, qui revendique un accès à la mer via le port érythréen d’Assab, ne cessent de s’intensifier. Rendant de plus en plus plausible une nouvelle guerre entre les deux voisins.
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