- Une tentaculaire affaire de pédocriminalité dans le Beaujolais a été révélée ces derniers jours.
- Un homme est soupçonné d’agressions sexuelles et de viols sur une trentaine de jeunes garçons de moins de 10 ans.
- Que sait-on sur cet individu, en détention provisoire depuis plus d’un an ?
Une nouvelle affaire de viols et d’agressions sexuelles en série, cette fois sur de très jeunes enfants. Déjà poursuivi depuis janvier 2025 pour des faits de « viols sur mineurs de 15 ans », « agressions sexuelles sur mineurs de 15 ans », « corruption de mineurs », « enregistrement et détention d’images présentant un caractère pornographique sur mineurs de 15 ans », un homme a fait l’objet d’une mise en examen supplétive en avril 2026 pour des « victimes supplémentaires ».
Pas moins de « 127 vidéos et 197 photographies »
, classées méthodiquement par dates et par enfants,
ont été découvertes dans son matériel informatique, précise Laetitia Francart, la procureure de la République près le tribunal judiciaire de Villefranche-sur-Saône (Rhône).
Les faits seraient survenus entre 2020 et 2024 à Lucenay, un village de quelque 2.000 âmes au cœur du Beaujolais, à une trentaine de kilomètres au nord de Lyon. L’homme aurait agressé plusieurs dizaines de jeunes garçons. Au total, « 34 enfants, âgés de 2 à 9 ans au moment des faits, sont dénombrés parmi les victimes »
, fait savoir le parquet, dans un communiqué. « Tous les mineurs ne sont pas victimes des mêmes infractions »
, précise Laetitia Francart.
Un père de famille sans antécédents judiciaires
Le suspect, qui se trouve actuellement en détention provisoire, est un homme âgé de 40 ans, « sans antécédents judiciaires ».
Il aurait ciblé des garçons scolarisés dans le même établissement scolaire que son fils et sa fille, de la maternelle à l’école élémentaire, rapporte le quotidien
Le Monde
. Le père de deux enfants envoyait des invitations très insistantes aux parents des autres élèves – par exemple « mon fils veut vraiment qu’il vienne à la maison ce weekend »
-, confirme une source proche de l’enquête à TF1-LCI. Régisseur dans un cinéma de la région après avoir décroché une maîtrise dans l’audiovisuel, l’intéressé se trouvait très souvent seul avec des enfants lors des soirées d’anniversaire et/ou pyjamas, explique cette même source.
À noter qu’aucune victime n’a été testée pour savoir si elle a été sédatée pendant ces actes, car il s’agit exclusivement de petits garçons dont les cheveux trop courts ne permettent pas de réaliser ces analyses. Mais la piste de la soumission chimique n’est pas écartée, au moins dans certains cas. « Dans les dossiers que je connais, les enfants n’ont pu être identifiés comme étant victimes que parce qu’il y avait des enregistrements. Les enfants eux-mêmes n’ont pas nécessairement perçu le caractère infractionnel de ce qu’ils ont vécu »
, souligne Me Jean Sannier, avocat de certaines familles de victimes, dans le reportage du JT de TF1 visible en tête de cet article.
Le suspect reconnaît « les faits dans leur grande majorité », selon le parquet
Avant d’être interpellé, le mis en cause a tenté de se pendre à un arbre dans la forêt de Charnay, après avoir écrit une lettre avouant ses crimes. Mais les forces de l’ordre l’ont finalement retrouvé avant qu’il ne passe à l’acte. « Il reconnaît les faits dans leur grande majorité
« , note le parquet.
Depuis sa tentative de suicide, puis son arrestation, le quadragénaire exprime des regrets. « C’est un pédocriminel en série qui se retrouve seul avec sa pathologie. Plutôt que d’aller vers le soin, il a cédé à ses pulsions. Mais il exprime toutefois, contrairement à d’autres criminels, de sincères regrets d’être ce qu’il est »
, confie une source proche de l’enquête à TF1-LCI. « Mon client est dans une démarche de vérité. Nous entendons toutefois réserver nos explications pour les familles et la justice »
, nous indique son avocate Me Clémentine Vergnais, ne « souhaitant pas pour l’heure faire d’autres commentaires »
.
L’instruction judiciaire suit son cours afin de « déterminer avec précision le contexte de commission des faits »
, rappelle le parquet. En attendant, l’ensemble des familles concernées ont été contactées. Une réunion d’informations à leur attention sera organisée dans les prochaines semaines.











