- On affirme que le créateur de « L’île de la Skibidi Tentafruit » est contraint d’arrêter la diffusion de ses contenus.
- Cette série de fruits générés par IA reprend les codes de la téléréalité, jusqu’au sexisme ambiant qui y règne.
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L’info passée au crible des Vérificateurs
Difficile, ces derniers jours, de passer à côté de ces personnages animés sous forme de fruits, vivant leurs aventures sur les réseaux sociaux. Parmi ces contenus diffusés sur la plateforme TikTok, « L’île de la Skibidi Tentafruit » est l’un de ceux avec le plus de viralité. Inspirée d’un compte TikTok anglais aujourd’hui supprimé, cette série créée par intelligence artificielle reprend les codes esthétiques de la téléréalité et trouve son public chez les plus jeunes.
Une série brutalement arrêtée ?
Ayant comme concept l’émission française « L’île de la Tentation », ou sa version anglaise « Love Island », quatre duos de fruits issus d’une célèbre marque de sodas décident de mettre leur couple à l’épreuve en rejoignant des villas peuplées de tentateurs et tentatrices. Seulement, on affirme sur TikTok (nouvelle fenêtre) que le créateur de cette série a été condamné par la justice et que sa diffusion s’est brutalement arrêtée en raison de contenus inappropriés.
Ces vidéos montrent les présentatrices des JT de 13H et de 20H de TF1, Anne-Claire Coudray et Marie-Sophie Lacarrau, annoncer la mauvaise nouvelle : « Le créateur a été condamné aujourd’hui à cinq ans de prison avec interdiction de diffuser toute production similaire en France. Certains épisodes ont été jugés problématiques et même supprimés par TikTok en raison de scènes inadaptées. La justice aurait retenu des accusations liées à la diffusion de contenus à risque et à l’usage controversé de l’intelligence artificielle ».
Des deepfakes audios
Ces contenus sont fallacieux et il s’agit en réalité des deepfakes audios. Sur la première vidéo (nouvelle fenêtre), les propos tenus par Anne-Claire Coudray et le mouvement de ses lèvres ne concordent pas. Sur la seconde (nouvelle fenêtre), la voix d’Anne-Claire Coudray a simplement été posée sur l’image de Marie-Sophie Lacarrau. L’utilisation de logiciels de détection d’intelligence artificielle (IA) confirme nos soupçons. Ce son a bien été généré par IA, selon l’outil Undetectable AI (nouvelle fenêtre). Celui de Truth Scan (nouvelle fenêtre) détecte la présence d’une IA à plus de 90% sur les vingt premières secondes.
Sur le fond, aucun épisode de « L’île de la Skibidi Tentafruit » n’a été supprimé. S’il existe désormais de nombreuses copies et dérivés sur TikTok (nouvelle fenêtre) ou sur YouTube (nouvelle fenêtre), le compte original est toujours actif (nouvelle fenêtre). Le dernier épisode a d’ailleurs été mis en ligne (nouvelle fenêtre) le 9 avril, soit cinq jours après ces affirmations mensongères, et comptabilise deux millions de vues en seulement quelques heures.
Une fausse information qui tente, à sa manière, de surfer sur le buzz généré autour de cette mini-série, aussi bien adorée que décriée pour tous les clichés qu’elle véhicule. En effet, les dialogues et l’apparence des personnages (les hommes machos, les femmes jalouses ou en pleurs) sont imprégnés de préjugés sexistes.
Dans le premier épisode, Banano partage par exemple son désarroi à ses nouveaux colocataires masculins de cette manière : « Les mecs, c’est chaud d’être en couple. Vous avez vu les bouts de viande qu’on a en face ? ».
Une compétition s’instaure par ailleurs entre les filles dès le deuxième épisode, lorsque Fraisita assure que Myrtilla et Banana parlent d’elle : « Elles sont trop méchantes avec moi. Tout ça parce que je suis plus bonne qu’elles ».
Des stéréotypes que les deux créateurs assument de relayer auprès de Libération
(nouvelle fenêtre).
Face à leur nouvelle notoriété, ces deux étudiants en école de commerce, préférant conserver leur anonymat, pensent déjà à faire fructifier leur activité. Et notamment, selon le journal, en proposant des abonnements pour accéder aux nouveaux épisodes en avant-première ou en réfléchissant à des partenariats rémunérés avec des marques.
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