- Les professionnels de la construction font face à des vols massifs d’engins de chantier.
- Un gang très organisé a ainsi été démantelé il y a quelques jours autour de Nantes et en région parisienne.
- Regardez ce reportage du JT de TF1 en Loire-Atlantique.
Suivez la couverture complète
Le 20H
Chaque jour en France, dix engins de chantier sont volés. Sur les images de vidéosurveillance que montre le reportage du 20H de TF1 visible en tête de cet article, un individu s’empare, en pleine nuit, et en quelques instants, d’une mini-pelle avant de quitter l’entrepôt. Dans un autre extrait, un camion s’introduit près d’un chantier et onze minutes plus tard, quatre personnes repartent avec un chariot télescopique.
Près de Nantes, une entreprise d’achat et de location d’équipements pour la construction a subi plusieurs vols en une nuit. « On arrive ici et on constate qu’effectivement, cinq machines avaient disparu. On pensait qu’une personne les avait déplacées… et on ne trouve nulle part les machines. Donc là, on se rend compte que c’est un vol »,
témoigne face à notre caméra Bertrand Corbel, directeur des opérations chez BIA. Montant du préjudice : 250.000 euros. Pour tout charger, les voleurs ont utilisé un camion avec une rampe« . Après, ils sont venus amener toutes les machines par ici. D’ailleurs, on voit encore les traces au sol pour charger avec la rampe leur camion. Une fois le camion rempli, ils ont bâché et ils sont partis »,
décrit le professionnel.
24 vols recensés en 3 mois en Loire-Atlantique et en Vendée
Rien qu’en Loire-Atlantique et en Vendée, ces trois derniers mois, vingt-quatre vols ont été recensés. Pourquoi y en a-t-il autant ? Les engins de chantier les plus anciens sont moins protégés que les voitures. « Sur les engins les moins récents, on va dire qu’on peut, avec une seule clé, démarrer n’importe quel engin et le monter sur un porte-engin et repartir avec, contrairement à une voiture où il y une clé par véhicule. Et en plus, au niveau traçabilité, c’est le numéro de série qui fait foi et il n’y a pas de carte grise »,
détaille auprès de TF1 Jean-Baptiste Robin, secrétaire général adjoint au sein du CNATP 44.
Pas de carte grise ni de plaque d’immatriculation, le numéro de série est le plus souvent modifié par les malfrats pour que l’engin devienne intraçable. La section de recherche de Nantes a mené l’enquête. Il y a quelques jours, sept individus ont été interpellés. Les machines de construction étaient déjà toutes revendues. Au domicile des voleurs, les gendarmes ont retrouvé de l’argent et du matériel haut de gamme. « Du numéraire qui prouve bien la vente des engins qui ont été dérobés et des objets de valeur, ce sont des enceintes qui peuvent valoir chacune entre 4000 et 6000 euros. « ,
explique la colonelle Fabienne Lopez, de la section de recherche de Nantes.
Les malfaiteurs avaient tout prévu, y compris des entrepôts pour le matériel volé. « On a pu observer des lieux de stockage judicieusement choisis, des endroits bien dissimulés, principalement en pleine nature, et très rapidement, une exfiltration de ces engins vers l’étranger »
, poursuit-elle, ces derniers étant revendus illégalement vers le Portugal et les pays d’Europe de l’Est.
Face à ces vols massifs, la Fédération des professionnels de la construction conseille d’équiper les engins de trackers supplémentaires. Cet outil facilite le travail des enquêteurs français ou allemands par exemple. « Il faut entre 48 et 72 heures pour que les forces de l’ordre françaises puissent prendre contact avec les forces de l’ordre allemandes puisque c’est l’espace Schengen. Le fait qu’on ait signé des conventions avec et qu’on les appelle, ils nous font confiance, ils appellent en direct et dans la demi-heure qui suivait, le camion a été arrêté », indique
Joël Fruchart, président de la commission « Halte aux vols » au sein de la Fédération des matériels. En France, le vol des engins de chantier est un fléau coûteux : un préjudice estimé à 53 millions d’euros en 2024.











