Avec notre correspondante à Nairobi, Gaëlle Laleix
Les recherches se poursuivent au large des côtes de Djibouti pour retrouver des migrants dont l’embarcation a fait naufrage dans la nuit du mardi 24 au mercredi 25 mars. Selon les garde-côtes djiboutiens, ils seraient plus de 320 à avoir pris place à bord d’un bateau de pêche artisanal du côté d’Obock, dans le nord du pays, pour rejoindre le Yémen en passant par le détroit de Bab el-Mandeb, un bras de mer de 20 kilomètres de large qui sépare la Corne de l’Afrique de la péninsule Arabique.
Dans un communiqué publié jeudi 26 mars, l’Organisation internationale des migrations (OIM) affirme que 9 personnes sont mortes dans la catastrophe et que 45 sont toujours portées disparues, bilan qui vient conforter l’idée que, selon elle, ce détroit est devenu l’une des routes migratoires les plus dangereuses au monde. En 2025, 900 migrants y ont en effet perdu la vie, ce qui n’a cependant pas dissuader les candidats à l’exil de tenter la traversée puisque sur la même période, leur nombre s’est accru de 20 % par rapport à l’année précédente.
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Originaires d’Éthiopie pour la plupart, ces derniers fuient la guerre qui déchire leur pays pour aller chercher des opportunités à l’étranger, notamment en Arabie saoudite. Mais bien souvent, ils se retrouvent coincés au Yémen, pays lui aussi en conflit, vulnérables à de nombreux abus.
Alors que les naufragés secourus ont été conduits au centre d’accueil de l’OIM à Obock et qu’une enquête a été ouverte par la brigade d’investigation des garde-côtes djiboutiens, l’organisation craint, elle, que ce naufrage ne soit que le premier d’une longue série cette année. « La saison chaude commence tout juste, avec une mer agitée et des vents violents », explique ainsi Tanja Pacifico, cheffe de mission de l’OIM à Djibouti.











