- Les pays membres et les eurodéputés ont entériné jeudi la mise en place de frais de traitement, applicables au plus tard le 1er novembre sur les petits colis importés.
- La Commission européenne doit encore fixer le montant de ces frais, qui s’ajoutent à une taxe de trois euros qui sera prélevée dès juillet sur ces colis de moins de 150 euros.
- L’objectif est de lutter contre l’afflux de ces produits, critiqués pour faire concurrence aux productions européennes et être difficilement traçables.
D’ici quelques mois, le prix de ces commandes devrait encore grimper. Les Vingt-Sept et les eurodéputés ont validé jeudi la mise en place de frais de traitement, dont le montant reste à préciser, qui s’appliqueront au plus tard le 1er novembre à tous les colis de faible valeur importés dans l’UE.
Ces frais viendront s’ajouter à la taxe de trois euros par type d’article commandé (nouvelle fenêtre), qui sera prélevée quant à elle à partir de juillet sur ces mêmes « petits colis »
, à savoir d’une valeur inférieure à 150 euros (nouvelle fenêtre), provenant essentiellement de Chine. La Commission européenne sera chargée de fixer leur montant, selon des communiqués publiés par le Parlement et le Conseil de l’UE, l’instance qui représente les 27.
Plus de 145 petits colis entrés sur le marché européen par seconde
Ces mesures visent à lutter contre le déferlement en Europe de produits chinois à bas prix, achetés sur des plateformes asiatiques comme Shein, Temu ou AliExpress, et à financer un renforcement des contrôles douaniers (nouvelle fenêtre). Quelque 4,6 milliards de petits colis sont entrés sur le marché européen en 2024, soit plus de 145 chaque seconde. Sur ce total, 91% provenaient de Chine.
Cet afflux de paquets importés dans l’UE, sans subir actuellement aucun droit de douane, est critiqué, vu comme une forme de concurrence déloyale par les producteurs et les commerçants européens. De plus, vu leur nombre, il est très souvent impossible de contrôler leur conformité aux normes européennes (nouvelle fenêtre), permettant à nombreux produits dangereux ou contrefaits de passer entre les mailles du filet.
La France, en pointe sur ce dossier, a mis en place par anticipation des frais de 2 euros (nouvelle fenêtre) sur ces petits colis à compter du 1er mars, ce qui a poussé certaines plateformes à les contourner en important leurs marchandises (nouvelle fenêtre) destinées aux clients français via d’autres pays européens. Le gouvernement français a alors annoncé une extension des contrôles pour lutter contre ce phénomène de contournement (nouvelle fenêtre), qui devrait s’éteindre avec l’entrée en vigueur de la taxe et des frais de traitement européens, qui permettront d’harmoniser les règles sur les petits colis dans l’ensemble du marché unique.
Outre ces nouveaux frais, les 27 et les eurodéputés ont approuvé des obligations renforcées pour les plateformes de vente, mais aussi des procédures simplifiées pour certains importateurs. L’organisation des associations européennes de consommateurs, le BEUC, a salué ces mesures, estimant qu’elles pouvaient aider « à renverser la tendance, et à rendre plus difficile l’entrée dans l’UE de produits dangereux »
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