Alors que les États-Unis ont temporairement et partiellement levé les sanctions contre le pétrole russe, le président ukrainien Volodymyr Zelensky tire la sonnette d’alarme sur les liens entre Moscou et Téhéran, rapporte notre correspondante à Kiev, Emmanuelle Chaze.
Lors d’une interview avec la chaîne américaine CNN, le président ukrainien a dénoncé un soutien russe bien concret au régime iranien dans ces frappes contre les bases états-uniennes au Moyen-Orient : « La Russie a déjà procuré des drones, des Shahed, ils utilisent les licences iraniennes pour en produire beaucoup et ils les donnent à l’Iran. J’ai 100 % la preuve que le régime iranien utilise ces drones contre des bases américaines, et contre les voisins de l’Iran au Moyen-Orient. »
Concepteur du modèle de drone Shahed, perfectionné par la Russie qui le construit désormais elle-même en masse, l’Iran utilise aujourd’hui sa version avancée contre Israël et les pays du Golfe, visés pour la présence d’intérêts américains – militaires ou économiques.
Expertise dans le brouillage et la destruction des Shahed
Au-delà de la logistique, le président ukrainien dénonce aussi le partage de renseignement entre Moscou et Téhéran : « Mes services de renseignement m’ont dit que les Russes partageaient leurs renseignements avec le régime iranien, ils les aident. »
Pour aider les pays de la région dans leur défense anti-aérienne, Volodymyr Zelensky a déclaré que l’Ukraine a envoyé plusieurs équipes d’experts de drones au Moyen-Orient. Car l’Ukraine a de son côté développé des capacités de brouillage et de destruction de drones, notamment avec des intercepteurs.
À lire aussiGuerre au Moyen-Orient: de nouveaux armements et une industrie de défense dopée par les combats
Coopération financière et technologique contre son expertise
Mais si l’Ukraine est prête à partager son expertise en la matière, le président ukrainien tente aussi d’obtenir de nouveaux accords de coopération, car l’Ukraine elle-même continue d’être sous les attaques quotidiennes de ces mêmes drones.
Ces accords pourraient être sous forme de financements et de renforts technologiques en échange de son aide, a-t-il suggéré. Il a ajouté que les contreparties susceptibles d’être obtenues par l’Ukraine en échange de cette aide devaient encore faire l’objet de discussions.
Les spécialistes ukrainiens ne vont pas participer aux opérations militaires dans le Golfe, a cependant assuré le président ukrainien : « Nous ne sommes pas en guerre avec l’Iran (…) Pour l’instant, il s’agit uniquement de (partager) l’expertise », a-t-il dit dans des déclarations à plusieurs médias et destinées à être diffusées dimanche.
Dans la nuit de samedi 14 à dimanche 15 mars, l’Ukraine a essuyé une nouvelle vague de frappes avec 97 drones kamikazes lancés contre le pays, selon les autorités ukrainiennes.
À lire aussiLa Roumanie favorable à la production de drones pour l’Ukraine











