- L’Iran a menacé lundi de brûler tout navire qui tenterait de traverser le détroit d’Ormuz.
- Le verrouillage de ce point de passage essentiel risque de désorganiser le commerce mondial.
- Des entreprises françaises sont déjà pénalisées.
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L’Iran attaqué par les États-Unis et Israël, le Moyen-Orient s’embrase
L’Aquatique Show à la peine. Cette société strasbourgeoise, qui organise des spectacles d’eau et de lumière aux quatre coins du monde, manque de matériel. Cinq containers transportant tout le nécessaire à leur événement sont bloqués à Dubaï, comme de nombreux autres depuis le début du verrouillage du détroit d’Ormuz par l’Iran. Pire, toutes les représentations prévues ces prochaines semaines sont annulées.
« On aurait dû être à Bahreïn, au Qatar, en Arabie saoudite et à Dubaï. Tout le Moyen-Orient, pour nous, est maintenant bloqué »
, déplore Fabrice Heitz, directeur artistique de l’Aquatique Show. Après l’Asie, le Moyen-Orient est le deuxième marché de cette entreprise française.
50 navires français bloqués dans le détroit d’Ormuz
La société alsacienne est directement touchée par la paralysie du détroit d’Ormuz, qui borde les côtes de l’Iran et celles du sultanat d’Oman. En représailles aux frappes américano-israéliennes lancées samedi dernier, les Gardiens de la Révolution ont fermé ce passage particulièrement crucial pour le commerce mondial et le transport maritime de pétrole.
Un général de l’armée idéologique iranienne a même menacé lundi de « brûler tout navire »
qui tenterait de franchir cet axe stratégique. Les bateaux ayant franchi le détroit d’Ormuz avant le début de l’offensive israélo-américaine sont dans l’impossibilité de quitter le golfe Persique. À l’heure actuelle, au moins 50 navires appartenant à des sociétés françaises y sont bloqués.
Les bateaux doivent emprunter un autre chemin bien plus long
« En général, une prestation dans [les pays du Moyen-Orient], on est entre 100 000 et plusieurs centaines de milliers d’euros. On va considérer que notre saison, aujourd’hui, elle est fichue »
, admet Dominique Formhals, président-directeur général de l’Aquatique Show. À 500 kilomètres de là, à Villefranche-sur-Saône (Rhône), près de Lyon, l’entreprise Fermob vend son mobilier dans le monde entier. « On sait qu’on a une bonne moitié de ces produits qui va partir à l’export puisqu’on fait la moitié de notre chiffre d’affaires à l’international »
, explique Baptiste Reybier, directeur général de Fermob.
Pour être livrés à Dubaï, Koweït ou au Qatar, ces produits partent de Marseille sur des porte-conteneurs. Mais désormais, ils ne peuvent plus passer par le détroit d’Ormuz, ni par le canal de Suez. Les navires doivent donc faire tout le tour de l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance, avec une conséquence directe sur les prix, qui augmentent brutalement.
Pour les navires bloqués dans le golfe Persique, « leurs coûts d’exploitation et opérationnels vont coûter plus cher »
, affirme François Daniel, délégué général de TLF Overseas. « On arrive dans une zone de guerre, donc là, on a encore un flou, mais il y a également des surcharges qui vont être liées à l’assurance »
, détaille-t-il. En plus du transport maritime, le trafic aérien est également touché avec les trois principaux hubs du Moyen-Orient, à savoir ceux de Doha, de Dubaï et d’Abou Dhabi, à l’arrêt.












