- La présidente de la Commission européenne a annoncé ce vendredi 27 février que l’UE appliquerait l’accord commercial avec le Mercosur de façon provisoire.
- L’application de ce traité avait été suspendue après un vote des eurodéputés.
- Emmanuel Macron a déploré cette décision, lors d’une déclaration aux côtés du Premier ministre slovène.
« Une mauvaise surprise »
pour la France et « une mauvaise manière »
pour le Parlement européen. Emmanuel Macron n’a pas caché sa déception, ce vendredi 27 février, après l’annonce par la Commission européenne de l’application provisoire de l’accord commercial avec le Mercosur. Décrié par la France, et particulièrement par le monde agricole, le traité avait été signé mi-janvier, avant que son application ne soit suspendue par un vote du Parlement européen.
« La Commission européenne a fait le choix unilatéral d’appliquer provisoirement l’accord avec le Mercosur, alors même que le Parlement européen ne l’a pas voté. Elle assume ainsi une très lourde responsabilité »
, a protesté le président français, lors d’une déclaration aux côtés du Premier ministre slovène Robert Golob à Paris.
« C’est une grande responsabilité vis-à-vis des agriculteurs qui ont exprimé leurs inquiétudes et pour lesquels les Européens n’ont pas encore apporté la visibilité nécessaire »
, mais aussi « vis-à-vis des citoyens européens et de leurs représentants qui n’ont pas été dûment respectés »
, a développé le chef de l’État.
Une décision « très préjudiciable »
L’annonce a été faite par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, plus tôt ce vendredi 27 février : « Au cours des dernières semaines,
j’ai échangé sur cette question
de manière approfondie avec les États membres et les élus du Parlement européen. Sur cette base,
la Commission va désormais procéder à l’application provisoire
«
, a déclaré cette dernière, lors d’une courte allocution à la presse.
Des eurodéputés avaient saisi la justice de l’UE afin de vérifier que l’accord avec l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay était bien conforme aux traités européens : une procédure censée prendre plusieurs mois. La Commission européenne avait toutefois la possibilité d’appliquer l’accord de façon temporaire, après sa ratification par les premiers pays du Mercosur ce jeudi.
Emmanuel Macron a promis de veiller à faire en sorte que « ce que nous avons durement négocié durant ces derniers mois soit respecté »
en matière de règles pour encadrer les échanges agricoles avec le Mercosur. « Nous serons intraitables sur le respect de ces règles, parce que notre Europe a beaucoup alourdi les règles sur nos producteurs ces dernières années. Je ne défendrai jamais un accord qui est laxiste à l’égard de ce qu’on importe et dur à l’égard de ce qu’on produit chez nous, parce que c’est incohérent pour le consommateur européen et c’est criminel pour la souveraineté européenne »
, a déclaré le président français.












