Un « guichet unique » mais « sans parti pris » pour recruter « un maximum de profils » pour l’agriculture: c’est l’ambition du président des Jeunes Agriculteurs pour le dispositif France Services Agriculture, expérimenté depuis quelques semaines avant sa généralisation en 2027.
Jusque-là, un jeune qui voulait s’installer en agriculture faisait face « à de trop nombreux acteurs, même si les chambres d’agriculture » concentrent les principaux services pour obtenir les aides à l’installation, explique Pierrick Horel lors d’un entretien avec l’AFP.
Avec la FNSEA, les JA ont formé une alliance syndicale qui a remporté 46,7% des voix aux élections pour les chambres d’agriculture de janvier 2025. S’ils ont perdu la majorité absolue, ils ont gardé la présidence de l’immense majorité de ces établissements publics chargés notamment de conseiller les agriculteurs et de piloter les politiques agricoles.
Promise lors du mouvement de colère des agriculteurs de l’hiver 2023-2024, la loi d’orientation agricole votée début 2025 prévoit un guichet unique pour accueillir, orienter puis accompagner les aspirants agriculteurs mais aussi les exploitants souhaitant transmettre leur ferme.
Expérimenté depuis le début de l’année, le dispositif sera généralisé en 2027 par les chambres départementales.
– « Pas de Bill Gates » en agriculture –
L’année 2024, exceptionnelle tant sur le plan des manifestations d’agriculteurs que sur le plan climatique pour les cultures, mais aussi sanitaire pour l’élevage, a vu 12.661 agriculteurs s’installer, un chiffre en chute libre, proche de son niveau de 2020 pendant la pandémie de Covid, selon les dernières statistiques de la Mutualité sociale agricole (MSA).
Le taux de remplacement, c’est-à-dire de nouveaux arrivants par rapport aux départs, a chuté à 70,5%, son pire niveau en dix ans, selon des données de la MSA compilées par l’AFP. Et le rebond post-confinement, avec ses quelques reconversions, n’a pas duré.
« On est dans un moment qui est compliqué, mais il faut savoir prendre un peu de hauteur parce que, si on se pose les bonnes questions, on peut vivre correctement, si tant est qu’on ne veuille pas devenir le Bill Gates de l’agriculture », affirme Pierrick Horel.
Selon lui la colère a soulevé des sujets « très profonds » et le modèle d’installation qui privilégiait l’agrandissement des fermes pour augmenter la rentabilité a « atteint certaines limites »: « au lieu de perdre sur quelques hectares les mauvaises années, on perd sur 200-300 parce qu’on est trop contraint par le climat et par la géopolitique ».











