La Corse, ses plages ensoleillées, son célèbre sentier de randonnée GR20… mais aussi ses pistes de ski. Dans l’île-montagne méditerranéenne, trois petites stations luttent face aux contraintes climatiques et économiques pour survivre et permettre aux insulaires de godiller en regardant la mer.
« On s’est retrouvé au port d’Ajaccio pour venir skier et, en milieu d’après-midi, on ira à la foire aux agrumes de Bastelicaccia avant l’apéro face à la mer », racontait dimanche à l’AFP Paul Deumier, conducteur de travaux de 31 ans, venu avec trois amis à la station Val d’Ese, à une heure de route de la préfecture de Corse-du-Sud.
« Il n’y a que deux endroits en France où l’on peut skier en voyant la mer. Dans les Alpes du Sud et ici en Corse », renchérit un autre membre du groupe, Thomas Damesin, juriste de 27 ans.
Posée au sein du parc naturel régional de Corse et classée Natura 2000, Val d’Ese, gérée par la communauté de communes Celavu Prunelli, propose cinq pistes accessibles par trois téléskis, entre 1.600 à 1.940 mètres d’altitude.
La station accueille depuis fin janvier « environ 200 skieurs par jour en semaine et 6/700 le weekend », indique à l’AFP Antoine Bernardini, directeur d’exploitation. Mais, les deux saisons précédentes, elle est restée fermée, faute de neige.
Cet hiver enregistre « un enneigement inédit depuis cinq ans », explique à l’AFP Patrick Bonicel, référent territorial de Météo-France en Corse, pour qui le réchauffement climatique est inexorable.
« Entre 1.600 et 1.800 mètres, on aura de moins en moins de neige, c’est sûr et certain, toutes les projections climatiques disent la même chose », affirme-t-il, prévoyant, « à l’horizon 2050, la fin des stations de moyenne altitude ». Même si « une année exceptionnelle » reste « possible ».
Déjà, face à l’aléa de l’enneigement, le recrutement des sept saisonniers de la station s’est avéré complexe. « Ils sont revenus me chercher parce que les personnes avec des diplômes d’Etat ne restent pas pour un mois et demi de contrat, ils partent sur le continent », explique Antoine Bernardini, retraité de 70 ans.
– Ski de randonnée –
Skis aux pieds, il assure que la station tient par le système D, les réparations des installations vieillissantes et l’aide de bénévoles.
Dans la micro-station, le restaurant-bar, la boutique de location d’équipements et le guichet des forfaits bataillent avec les équilibres financiers.













