- Plus d’un demi-siècle après le dernier pas de l’Homme sur la Lune, la Nasa s’apprête à y renvoyer un équipage.
- Avec son accord, une équipe de TF1 a utilisé des technologies d’intelligence artificielle pour animer les images d’archives et vous faire revivre la grande épopée lunaire.
- Regardez cette vidéo spectaculaire diffusée ce mardi dans le 20H.
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La Lune avant Mars : la conquête spatiale redécolle
Le drapeau américain va de nouveau trôner sur l’astre lunaire. Plus d’un demi-siècle après le succès retentissant de la mission Apollo 11, durant laquelle les astronautes américains Neil Armstrong et Buzz Aldrin devinrent les premiers êtres humains à poser le pied sur la surface lunaire, le 20 juillet 1969, les États-Unis repartent à la conquête de la Lune. Le nom du programme de ce come-back lunaire : Artemis, du nom dans la mythologie grecque de la sœur jumelle d’Apollon. Alors qu’Apollo y avait emmené douze hommes, tous blancs, une femme et un Afro-Américain (nouvelle fenêtre) feront partie du voyage, avec l’objectif cette fois de s’établir durablement sur notre vieux compagnon gris.
Le mois prochain, quatre astronautes décolleront à bord de la fusée SLS de la Nasa depuis Cap Canaveral, en Floride (États-Unis). Direction la Lune, dont ils feront le tour avant de revenir sur Terre. Les membres d’équipage – trois Américains et un Canadien – seront les premiers humains à faire le voyage depuis la dernière mission Apollo (nouvelle fenêtre), en 1972. Leur mission vise à préparer la suivante, Artemis 3, qui prévoit un alunissage. En attendant son lancement, avec l’accord de l’agence spatiale américaine, nos équipes ont utilisé des technologies d’intelligence artificielle pour animer des images d’archives. L’occasion, avec cette vidéo visible en tête de cet article, de revenir aux origines de cette aventure lunaire qui redémarre après une pause… de plus de 54 ans.
Depuis la nuit des temps, la Lune fait rêver l’humanité. À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, ce rêve devient réalité, les progrès technologiques aidant. Alors que le dessinateur Hergé y pose Tintin dès 1952, les États-Unis et l’URSS se lancent dans une course pour décrocher la Lune. Mais c’est d’abord Moscou qui prend le leadership avec la mise en orbite terrestre du premier satellite en 1957, suivi du premier humain avec le cosmonaute Youri Gagarine en 1961. Pour les Américains, le choc est rude. Mais cette humiliation va finalement convaincre le président John F. Kennedy, jusque-là hésitant, de fixer un nouvel objectif à l’Amérique.
« Nous choisissons d’aller sur la Lune avant la fin de la décennie »
En 1962, devant une foule de 40.000 personnes réunie à Houston, aux États-Unis, il officialise le lancement du programme Apollo. « Nous choisissons d’aller sur la Lune avant la fin de la décennie et d’accomplir d’autres choses encore, non pas parce que c’est facile mais parce que c’est difficile. Et parce que cet objectif servira à organiser et à révéler le meilleur de nos énergies et de nos compétences »
, déclare-t-il lors de ce discours fondateur, dont un extrait est visible dans notre vidéo. En quatre ans, Apollo va coûter à la nation américaine entre 20 et 25 milliards de dollars (nouvelle fenêtre), soit entre 135 et 150 milliards de dollars actuels. Le prix à payer pour maintenir son hégémonie face au rival soviétique.
Récupéré par les Américains à la sortie de la guerre, Wernher von Braun, ancien nazi et inventeur des fameux missiles V2 qui ont terrorisé Londres à la fin de la guerre, met sur le pied le programme Apollo. Sous son impulsion, les Américains rattrapent leur retard. Créée en 1958, l’agence spatiale américaine perfectionne ses fusées et multiplie les prototypes, comme on peut également le voir dans notre vidéo. En 1968, lors de la mission Apollo 8, l’astronaute américain William Anders capture un cliché devenu mythique, baptisé « Earthrise » (« lever de Terre » en français). L’humanité découvre pour la première fois la Terre avec le recul d’un alien, de quoi la préparer au grand saut final.
Le 16 juillet 1969, Neil Armstrong, Buzz Aldrin et Michael Collins prennent place à bord du module lunaire Eagle, perché au sommet d’une fusée Saturn V. Quatre jours plus tard, après une longue odyssée dans l’espace et un alunissage pour le moins mouvementé, Neil Armstrong pose sur le pied sur la Lune et prononce cette phrase iconique : « C’est un petit pas pour l’Homme, un bond de géant pour l’Humanité. »
Au même moment, à 400.000 kilomètres de là, quelque 600 millions de personnes assistent à cet exploit sur un téléviseur ou un transistor. Deux heures et demie après le premier pas d’Armstrong, Aldrin et lui redécollaient.
Et si le prochain Neil Armstrong était chinois ?
De 1969 à 1972, à raison de six missions, douze astronautes américains vont poser le pied sur la Lune, ramenant dans leurs bagages plus de 382 kilos de roches lunaires (nouvelle fenêtre). Pour explorer la surface de l’astre, ils vont même utiliser une Jeep lunaire. Eugene Cernan fut le dernier astronaute à avoir laissé son empreinte à la surface. Au moment de redécoller pour rejoindre la Terre, il déclara : « En quittant la Lune, nous repartons comme nous sommes venus et, si Dieu le veut, comme nous reviendrons un jour avec au cœur la paix et l’espoir pour toute l’Humanité. »
Décédé en 2017 à l’âge de 82 ans, il n’aura donc pas vu ne serait-ce que l’amorce d’un nouveau programme.
De nos jours, le marcheur lunaire est une espèce en voie d’extinction. Seulement quatre d’entre eux sont toujours en vie : Buzz Aldrin (96 ans, Apollo 11), David Scott (93 ans, Apollo 15), Charlie Duke (90 ans, Apollo 16) et Harrison Schmitt (Apollo 17, 90 ans). Dans les années 1960, le succès du programme Apollo avait mis en évidence la domination américaine face à son rival soviétique. Aujourd’hui, cinquante-quatre ans après la fin du programme spatial Apollo, alors que la Lune fait de nouveau rêver, les États-Unis doivent affronter un nouveau rival dans la course à la Lune.
Dans ce remake des années 1960, où la Chine a pris la place de l’Union soviétique, rien ne dit que les Américains seront les premiers à toucher au but. Lancé par Donald Trump en 2017, le programme Artemis accumule les retards et les surcoûts en raison de la complexité de son architecture et d’un financement contraint. L’actuel locataire de la Maison-Blanche a confirmé en décembre vouloir renvoyer des Américains sur la Lune « d’ici 2028 »
, un calendrier ambitieux afin d’éviter de se faire damer le pion par la Chine, dont l’alunissage est prévu à l’horizon 2030. D’autant que l’alunisseur développé par l’entreprise américaine SpaceX n’est pas prêt.











