Quentin, étudiant de 23 ans et militant nationaliste, est mort samedi 14 février après avoir été roué de coups à Lyon jeudi soir. Le parquet de Lyon a indiqué à BFMTV avoir ouvert une enquête de flagrance pour « violences aggravées par trois circonstances » et « coups mortels aggravés », sans donner plus de précisions sur le déroulement des faits.
Voici nos dernières informations sur la mort de Quentin, un drame à la portée politique explosive qui a fait réagir jusqu’au chef de l’État Emmanuel Macron.
· Une première rixe près de Sciences Po Lyon, en marge d’une conférence de Rima Hassan
Selon des sources policières, une première rixe a opposé des militants d’extrême gauche au collectif d’extrême droite Nemesis et son service d’ordre, en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon (7e arrondissement) vers 18h30.
Le collectif identitaire Nemesis avait décidé de perturber la venue de l’eurodéputée insoumise en organisant un happening devant l’IEP. Six de ses militantes se sont rendues sur place, avec une dizaine de militants nationalistes locaux en renfort pour assurer leur service d’ordre. Parmi eux: Quentin, 23 ans, qui fréquente l’Action française, un groupuscule royaliste d’extrême droite.
Nemesis évoque, sur les réseaux sociaux, un « lynchage » de ses militants et militantes à cette occasion ; une jeune femme est blessée sans que son pronostic vital ne soit engagé.
Après ces affrontements, une course-poursuite entre les belligérants a débuté dans les rues proches de l’IEP.
· Quentin violemment frappé lors d’un second affrontement
Selon une source policière, deux groupes rivaux d’extrême droite et d’extrême gauche finissent par s’affronter rue Victor-Lagrange (7e arrondissement), à 500 mètres de là. Chaque groupe était composé d’une vingtaine de militants environ. C’est là, dans des circonstances qui « doivent être déterminées », selon le parquet de Lyon, que Quentin a été violemment tabassé.
Une vidéo révélée par TF1, et filmée depuis les hauteurs d’un immeuble par un riverain, montre un individu se faire rouer au coup de sol par plusieurs autres. Deux autres se font également frapper.
Selon Alice Cordier, leader de Nemesis, Quentin D. « a pris un coup fort à la tête » à cette occasion.
· Le militant identitaire pris en charge par les pompiers plus tard dans la soirée
Quentin a été pris en charge par les pompiers à 19h40, quai de Fulchiron (5e arrondissement), avec un hématome important à la tête. Il se trouve alors à 2 kilomètres des faits précédents.
Malgré ses blessures, Quentin aurait donc parcouru deux kilomètres. « Que s’est-il passé entre la vidéo de tabassage rue Victor-Lagrange et l’intervention des pompiers quai de Fulchiron, 2 kilomètres plus loin? On ne le sait pas à ce stade », s’interroge une source policière.
Le militant d’extrême droite a d’abord été hospitalisé avec un pronostic vital engagé. En état de mort cérébrale le 13 février, son décès a été prononcé samedi 14 février.
· L’avocat de la famille évoque un « guet-apens »
D’après l’avocat de la famille du militant, Me Fabien Rajon, il ne s’agirait pas d’une « rixe qui aurait mal tourné » mais d’ »un guet-apens, méthodiquement préparé, (…) tendu à Quentin par des individus organisés et entraînés, en très large surnombre et armés, pour certains le visage masqué, ayant effectué des repérages préalables et disposant a priori de complicités ».
« Quentin aurait d’ailleurs reçu des coups à la tête et ce alors même qu’il gisait au sol inanimé, les individus qui s’acharnaient sur lui agissant avec une volonté de tuer difficilement discutable, qu’il conviendra néanmoins d’approfondir durant les investigations », souligne Me Rajon.
Selon une source proche des services de renseignement, les affrontements entre la mouvance d’ultradroite et la mouvance d’ultragauche sont réguliers à Lyon.
· Que sait-on de Quentin ?
Étudiant en mathématiques âgé de 23 ans, Quentin est un militant proche de l’Action française, groupuscule d’extrême droite royaliste fondé en 1898. Il a intégré la mouvance d’ultradroite il y a environ deux ans, d’après des proches interrogés par BFMTV. Catholique, il était très engagé dans la vie de sa paroisse. Il fréquentait, selon ses proches, les événements d’Academia Christiana, une organisation catholique et identitaire radicale.
D’après Me Rajon, malgré les déclarations des militantes de Nemesis, « le jeune Quentin n’était ni agent de sécurité, ni membre d’un quelconque service d’ordre et il n’avait aucun antécédent judiciaire ».
« Quentin n’a jamais été mis en cause dans la moindre affaire et encore moins pour violence par le passé, son casier judiciaire est vierge (…) pratiquant le tennis et la philosophie, il était investi dans la vie pastorale, en particulier au sein de la chorale de sa paroisse. » Il aurait « toujours défendu ses convictions de manière non-violente », selon sa famille.
Article original publié sur BFMTV.com












