- Deux agents de l’ICE ont été suspendus vendredi pour avoir menti sous serment, « une grave infraction fédérale ».
- En janvier, ils ont ouvert le feu sur un immigré vénézuélien en situation irrégulière.
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La police de l’immigration de Donald Trump de plus en plus contestée
Ils ont menti, ils en payent le prix. Deux agents de la police fédérale de l’immigration américaine (ICE) ont été suspendus pour avoir fait des déclarations mensongères après avoir ouvert le feu sur un immigré vénézuélien à Minneapolis en janvier, a annoncé vendredi le directeur de l’ICE, Todd Lyons.
Les faits sont survenus le 14 janvier devant une résidence à Minneapolis lors d’un contrôle routier d’un immigré vénézuélien en situation irrégulière, qui tentait de s’échapper. Blessé par balle à la jambe par un des agents de l’ICE, il avait été arrêté et inculpé, de même qu’un compatriote venu lui prêter main forte, selon les autorités.
Des accusations sans preuves
Jeudi, le parquet a abandonné les poursuites, expliquant que « de nouvelles preuves découvertes dans cette affaire contredisent matériellement les accusations »
portées contre les deux hommes. « Des images vidéo ont révélé que deux agents semblent avoir fourni dans leurs témoignages sous serment des déclarations mensongères »
, a précisé vendredi dans un communiqué le directeur de l’ICE. « Ces deux agents ont été immédiatement placés en congé administratif jusqu’à la fin d’une enquête interne approfondie. Mentir sous serment est une grave infraction fédérale »
, souligne-t-il.
Au moment des faits, Kristi Noem, ministre de la Sécurité intérieure, avait affirmé, sans preuves comme souvent depuis sa prise de poste, que pendant que l’immigré poursuivi se débattait pour échapper à un agent de l’ICE, « deux individus étaient sortis d’un appartement voisin et avaient attaqué l’agent avec une pelle à neige et un manche de balai
« . Le policier de l’ICE avait alors « tiré un coup de feu défensif pour protéger sa vie »
, touchant l’homme à la jambe, selon Kristi Noem.
En octobre, le ministère de la Sécurité intérieure avait déjà accusé une femme, en possession d’une arme semi-automatique, d’avoir percuté avec son véhicule une patrouille de la police des frontières à Chicago (nord). Les policiers avaient été « contraints d’effectuer des tirs défensifs »
, blessant la femme, « qui s’est rendue elle-même à l’hôpital pour y faire soigner ses blessures »
. Mais en novembre, le parquet avait abandonné sans explication les poursuites contre cette femme, Marimar Martinez, visée par cinq tirs, ainsi qu’un homme arrêté le même jour, après notamment la diffusion de vidéos montrant un policier percutant la voiture de celle-ci avec son véhicule.
Après notamment Los Angeles, Washington, Chicago, Memphis, et La Nouvelle-Orléans, Minneapolis est la dernière ville en date dirigée par des démocrates visée par une vaste opération d’arrestations d’immigrés en situation irrégulière lancée par l’administration Trump.













