Le Kremlin a confirmé jeudi 12 février que la messagerie américaine WhatsApp, très populaire en Russie, avait été bloquée dans le pays du fait de sa « réticence » à respecter la loi russe.
« Concernant le blocage de WhatsApp, il y avait eu effectivement une déclaration des pouvoirs compétents affirmant que, du fait de la réticence de l’entreprise à respecter la loi russe, cette décision avait été prise et mise en œuvre », a affirmé le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. Cette annonce intervient alors que Moscou cherche à promouvoir une application locale plus facile à contrôler.
La veille, mercredi, WhatsApp avait dénoncé, comme sa concurrente Telegram en début de semaine, une tentative des autorités russes de bloquer son fonctionnement afin de forcer les utilisateurs à migrer vers un service concurrent contrôlé vers l’Etat. « Le gouvernement russe a tenté de bloquer complètement WhatsApp afin de pousser les gens vers une application de surveillance détenue par l’Etat », a déclaré la filiale du groupe américain Meta sur X.
« Chercher à priver plus de 100 millions d’utilisateurs d’une communication privée et sécurisée constitue un recul qui ne peut que réduire la sécurité des personnes en Russie », a ajouté le service. « Nous continuons à faire tout notre possible pour garder les utilisateurs connectés », a poursuivi la même source.
Nouvelle étape d’une répression plus large
Le régulateur russe avait déjà imposé cette semaine des restrictions sur l’application Telegram, nouvelle étape d’une répression plus large menée contre les réseaux sociaux basés à l’étranger. Il lui reproche une « violation » de la loi russe, notamment de ne pas faire assez pour empêcher son utilisation « à des fins terroristes ».
Fondé par le Russe Pavel Dourov, qui a acquis la nationalité française, Telegram est l’un des deux services de messagerie les plus populaires en Russie, avec WhatsApp, dont le fonctionnement était déjà en partie bloqué dans le pays depuis janvier pour les mêmes motifs. Les fonctionnalités d’appel vidéo des deux applications, notamment, sont désormais quasiment inutilisables en Russie, et la création de nouveaux comptes a été rendue très difficile.
« Restreindre la liberté des citoyens n’est jamais la bonne solution », avait dénoncé mardi M. Dourov, accusant Moscou de chercher à « forcer ses citoyens à migrer vers une application contrôlée par l’Etat, conçue pour la surveillance et la censure politique. » Le blocage, qui s’avère partiellement efficace, a fait l’objet de nombreuses critiques, notamment de la part de soldats qui utilisent quotidiennement l’application.
Les autorités encouragent les Russes à utiliser Max, une nouvelle messagerie promue par Moscou, mais pour l’heure beaucoup moins populaire. Proposée par le géant russe des réseaux sociaux VK depuis 2025, Max est présenté comme une super-application donnant accès autant à des services de l’administration qu’à des commerces en ligne. Contrairement à WhatsApp, qui chiffre toutes les conversations, elle ne garantit pas la confidentialité des messages.










