- Cédric Jubillar a été condamné à trente ans de prison pour le meurtre de sa femme.
- Son procès en appel se profile pour la fin de l’année à Toulouse.
- Son nouvel avocat appelle à le sortir du quartier d’isolement en prison.
Suivez la couverture complète
Disparition de Delphine Jubillar : son mari Cédric condamné à 30 ans de prison
Cédric Jubillar, condamné en octobre dernier pour le meurtre de son épouse Delphine, subit, en étant emprisonné en quartier d’isolement, une « forme de torture moderne »
, a affirmé ce mardi 10 février son nouvel avocat, la cour d’appel de Toulouse rappelant de son côté que tout placement à l’isolement « relève de la compétence du garde des Sceaux »
.
Réagissant également aux propos de Pierre Debuisson, nouveau conseil du peintre-plaquiste de 38 ans, l’administration pénitentiaire a assuré « tout mettre en œuvre »
pour garantir « la sécurité »
du détenu, ainsi que « la dignité et le respect de sa personne »
.
« Conditions pires que celles d’un terroriste »
Cédric Jubillar a été condamné à trente ans de réclusion criminelle, le 17 octobre 2025 à Albi, pour le meurtre de son épouse Delphine, dont le corps n’a jamais été retrouvé. Placé à l’isolement au centre pénitentiaire de Toulouse-Seysses, il « subit des conditions pires que celles d’un terroriste »
, a déclaré à l’AFP Maître Debuisson, qui le défend depuis le début de l’année.
Pour l’avocat, « il n’y a aucune raison juridique ou intellectuelle qui justifie qu’il soit à l’isolement depuis quatre ans et demi »
et son placement en détention provisoire en juin 2021, six mois après la disparition de son épouse à Cagnac-les-Mines (Tarn). « Il est soumis à une lumière et à des cris permanents matin, midi et soir. Depuis quatre ans et demi, il n’a pas connu l’obscurité. Depuis quatre ans et demi, il ne dort pas »
, a martelé l’homme de loi.
« La décision de maintien à l’isolement d’un détenu au-delà d’un an (…) relève de la compétence du garde des Sceaux »
, réagissent dans un communiqué le procureur général de la cour d’appel de Toulouse, Nicolas Jacquet, et sa première présidente Chantal Ferreira.
« Unique moyen » d’assurer sa sécurité
« L’isolement ne peut être prolongé au-delà de deux ans, sauf, à titre exceptionnel, si le placement à l’isolement constitue l’unique moyen d’assurer la sécurité de la personne détenue. Par décision du garde des Sceaux en date du 11 décembre 2025, Monsieur Cédric Jubillar a été maintenu à l’isolement pour une durée de trois mois »
, écrivent-ils, ajoutant que ce type de décision « peut faire l’objet d’un recours devant le tribunal administratif »
.
Selon l’administration pénitentiaire, « la structure de l’établissement ne permet pas d’envisager une gestion individualisée et sécurisée de M. Jubillar »
autrement qu’à l’isolement. La justice administrative a reconnu en juillet dernier « l’indignité des conditions de détention »
dans la prison surpeuplée de Toulouse-Seysses.
« Aujourd’hui, son état de santé physique et psychologique s’est considérablement dégradé »
, a rapporté son nouvel avocat. « Tant qu’il ne sort pas de l’isolement, on ne peut pas travailler, je ne peux pas le défendre, donc je n’assisterai pas au procès
» en appel devant la cour d’assises de Toulouse, fin 2026-début 2027.
Interrogé sur l’état d’esprit de son client, quatre mois après sa condamnation par la cour d’assises du Tarn, Maître Debuisson a souligné que Cédric Jubillar avait « le sentiment de ne pas avoir pu s’exprimer comme il le voulait »
en première instance et souhaitait être « plus combatif »
lors de son procès en appel.











