- C’est un procès qui nous replonge dans la crise des Gilets jaunes, fin 2018.
- Depuis ce lundi matin, neuf CRS sont jugés pour avoir violemment frappé des manifestants qui s’étaient réfugiés dans un fast-food.
- L’ouverture de l’audience a été marquée par un incident, car ils se sont présentés en uniforme.
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La colère des Gilets jaunes
En uniforme, cordon militaire sur l’épaule, huit des neuf CRS mis en cause arrivent au tribunal lundi matin. TF1 était présent à cette première journée de procès, où ils comparaissent pour des violences contre des manifestants en 2018 à Paris. Dès le début de l’audience, premières tensions, et interruption de séance. À la demande des parties civiles, les prévenus reviennent en chemise blanche, sans insigne apparent. « Il y avait une volonté de montrer que les fonctionnaires de police ne sont pas des justiciables »
, dénonce Me Arié Alimi, avocat des parties civiles.
Manon Retourné attend ce jour depuis sept ans. À quelques minutes d’entrer dans la salle, elle est submergée par l’émotion : « Ça va être la fin de cette histoire pour moi. Je vais pouvoir tourner cette page. Bien sûr, j’appréhende de les voir. »
Le 1ᵉʳ décembre 2018, elle a reçu près d’une dizaine de coups de matraque.
Intervention non légitime
L’audience débute avec la diffusion des images de vidéosurveillance. Avenue de Wagram à Paris, les manifestants forcent l’entrée d’un fast-food pour échapper aux gaz lacrymogènes. Des CRS reçoivent l’ordre de les faire sortir. Face à eux, des manifestants lèvent les mains en l’air. Les CRS chargent. Coups de pied, de matraque. L’intervention violente dure trois minutes. Comment justifier cette action des policiers ? Pendant l’enquête, certains ont reconnu des violences excessives.
Pour la défense, cette charge intervient au terme d’une journée de mobilisation tendue. À quelques centaines de mètres, sur les Champs-Élysées, la situation est explosive. « Les manifestants n’étaient pas violents au moment où mes clients sont entrés. En revanche, ils l’étaient toute la journée »
, affirme Laurent-Franck Liénard, avocat de la défense.
Pendant les investigations, les autorités hiérarchiques ont reconnu que l’intervention n’était pas légitime. Le commandant de l’unité n’a pourtant pas été mis en examen, une décision regrettée par les parties civiles. « Ce qu’on attend, c’est de savoir pourquoi des ordres comme ça ont été donnés, par qui, pourquoi il n’y a pas de donneurs d’ordres jugés aujourd’hui »
, indique Me Arié Alimi.
Le procès doit se poursuivre jusqu’à jeudi. Pour violences volontaires aggravées par personne dépositaire de l’autorité publique, les mis en cause risquent jusqu’à sept ans de prison.












