« Le Monde des livres » le suit depuis ses débuts, en 1993, lorsque Robert Laffont publia Les Vagualâmes. On ne peut pas dire que ce titre était une trouvaille – l’éditeur aurait pu traduire l’original, Gli sfiorati (« les égarés ») –, mais peu importe. La vraie découverte, c’était lui, Sandro Veronesi. Avec ce jeune Toscan au nom de peintre surgissait une plume vive et déliée, nourrie de la poésie de Dante, des romans de Moravia et des films de Visconti. La critique parla aussitôt de relève, elle ne se trompait pas.
Trente-deux ans plus tard, Veronesi, 67 ans, publie son neuvième roman traduit, Septembre noir. Entre-temps, sa palette s’est colorée d’influences diverses, anglo-saxonnes en particulier – Richard Ford, Russell Banks, David Foster Wallace… – et les lauriers ont fleuri sur sa tête. Par deux fois, il a remporté le prix Strega, le Goncourt italien : pour Chaos calme (Grasset, prix Femina étranger 2008), transposé à l’écran par Antonello Grimaldi (Caos Calmo), avec Nanni Moretti dans le rôle principal, et pour Le Colibri (Grasset, 2021). En ce soir de janvier, l’écrivain est à Paris et nous attend tranquillement au bar de son hôtel. L’occasion de revenir avec lui sur quelques thèmes, motifs et obsessions qui innervent son œuvre.
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