Allongée sur le dos dans un atelier de l’Ohio, dans le nord des Etats-Unis, la statue dorée de 4,6 mètres de haut de Donald Trump, baptisée « Don Colossus » par ses créateurs, n’est pas sous son meilleur jour.
Cette oeuvre monumentale en bronze, recouverte de feuilles d’or, a été conçue pour s’élever sur deux étages une fois installée sur un socle de 2.720 kg.
Mais la statue à 360.000 dollars, qui représente le républicain le poing levé, après la tentative d’assassinat dont il a été victime en juillet 2024, attend depuis plus d’un an d’être érigée.
Son sculpteur, Alan Cottrill, n’a toujours pas été payé par les entrepreneurs en cryptomonnaies qui lui ont passé commande.
« Je serais un idiot de l’installer sans que le paiement ait été effectué, et je ne suis pas un idiot », affirme cet artiste américain de 73 ans, qui affirme qu’on lui doit encore environ 92.000 dollars.
Conçue au départ pour promouvoir un « memecoin » – un actif virtuel qui n’a aucune valeur intrinsèque mais qui capitalise sur un moment culturel pour faire monter son prix grâce à la spéculation et à la création d’une communauté -, l’oeuvre est devenue un symbole de l’instabilité de ces jetons particulièrement volatiles.
Mis en vente alors que Donald Trump remportait l’élection présidentielle, en novembre 2024, $PATRIOT a d’abord suscité un fort engouement chez les trumpistes.
Mais son élan a été rapidement interrompu par le lancement par le président américain, lui-même féru de cryptomonnaie, de son propre actif virtuel.
Ce dernier, baptisé $TRUMP, a été lancé quelques jours avant l’investiture de janvier 2025, et le dévoilement prévu de « Don Colossus ».
La valeur de $PATRIOT, qui continue d’être échangée aujourd’hui, s’est effondrée de plus de 95% par rapport à son pic.
Les liens étroits de Donald Trump avec le secteur des cryptomonnaies ont suscité des accusations de conflits d’intérêts majeurs. L’agence spécialisée Bloomberg estime que la fortune de la famille Trump a augmenté de 1,4 milliard de dollars l’an dernier grâce aux seuls actifs numériques.
– « Ecrasant » –
Dans son atelier de Zanesville, dans l’Ohio, Alan Cottrill parle de son travail avec fierté.
Il a réalisé au moins 17 présidents américains, ainsi qu’une statue de l’inventeur Thomas Edison, exposée au Capitole de Washington, le siège du Congrès américain.
Il était donc enthousiasmé par l’ampleur du projet Trump: « Quand ils ont parlé de 15 pieds (environ 4,6 mètres) de haut, on commençait à arriver au niveau de mon ego », plaisante-t-il.












