L’avocat général de la Cour de révision, une formation de la Cour de cassation, s’est déclaré favorable, dans ses conclusions écrites envoyées aux différentes parties le 28 janvier, à l’annulation de la condamnation de Dany Leprince, condamné en 1997 à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une peine de sûreté de vingt-deux ans, et à la tenue d’un nouveau procès. Il était accusé du meurtre à l’arme blanche, dans la soirée du 4 septembre 1994, de son frère Christian, de sa belle-sœur Brigitte, et de deux leurs filles, Sandra, 10 ans, et Audrey, 6 ans, dans leur maison de Thorigné-sur-Dué, un bourg de la Sarthe. Seule la petite Solène, 2 ans, avait échappé au massacre.
Dany Leprince, après avoir avoué le seul meurtre de son frère au terme d’une garde à vue éprouvante, a fait dix-huit ans de prison, et clame depuis près de trente ans son innocence. Les preuves manquent : il n’y avait pas de trace de sang sur ses vêtements, en dépit de l’effrayante tuerie – un magistrat stagiaire a dû retrousser le bas de son pantalon pour éviter les mares de sang –, aucune de ses empreintes ou traces de son ADN n’ont été découvertes dans la maison de son frère, l’arme du crime est incertaine, le mobile flou, et l’accusation repose tout entière sur les témoignages de son épouse, Martine Compain, et de l’une de ses filles, Célia, qui ont juré l’avoir vu tuer son frère – même si elles n’ont pas vu la même chose.
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